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Test / PC

Maniac Mansion (PC): ma niaque, mon fion

Maniac Mansion (PC): ma niaque, mon fion

Maniac Mansion est au jeu vidéo ce que La Nuit des Morts Vivants est au cinéma d'auteur. Cherchez bien, il y a une erreur, subtilement cachée. D'ailleurs, si on considère que le cinéma n'est qu'un schème métalinguistique de l'outrance post-scénique mémorielle, cette phrase ne vous mettra nulle part et vous empêchera d'apprécier à sa juste valeur le magnifique texte ci-après. Prenons donc plutôt une phrase qui va rendre votre cerveau disponible: le ciel est bleu. Vous êtes prêts.

Gribouillé par Jivé, 21 Janv. 2009
Commençons par une anecdote. J'ai passé près de huit mois devant une page blanche de mon traitement de texte favori avant de savoir comment j'allais traiter le test de Maniac Mansion. Non, ce n'est pas pour la raison habituelle qui me fait buter sur les articles, genre «je ne sais pas quoi dire». Non, c'est surtout que je ne sais pas comment bien en parler, bien faire passer les émotions et le ressenti du jeu. Bon, ok ce n'est qu'un jeu bidon des années 1980, pour une personne correctement évoluée. Mais pour certains nostalgiques comme moi, c'est bien plus que cela, c'est la naissance d'un mythe, le précurseur d'un genre, le début d'une nouvelle ère, voire même la fête à neuneu. D'ailleurs, ce test aurait du être rédigé par un de nos collaborateurs (Ryldian pour ne pas le citer), mais celui-ci est encore moins doué que moi pour tout ce qui touche aux délais et autres dates limites de consommation. Prenant mon courage à deux mains, mes jambes à mon cou et sentant ce début d'année 2009 tellement proche qu'on l'a déjà passé, je me lance, et je teste donc Maniac Mansion, de LucasArts. Même pas peur. Mais quand même un peu.

«Maniac Mansion, c'est DoTT 2?»

D'ailleurs, entre le précédent paragraphe et celui-ci, il y a bien trois semaines qui se sont écoulées. Dingue quoi. Mais trêve de paroles en l'air, lançons la bête. Et pour la lancer, il faut déjà être doué. Deux choix s'offrent à vous d'ailleurs: soit vous jouez paisiblement à Day of The Tentacle (testé sur notre site, et extrêmement bien noté avec le chiffre maximum) et vous lancez l'ordinateur d'un personnage de l'histoire, ce qui vous amène directement à un bonus caché (avant même qu'il ne soit créé par l'industrie cinématographique), qui n'est autre que Maniac Mansion; soit vous achetez et ouvrez la commande MS-DOS du jeu original. Car oui, ça date de 1987, c'est relou à ouvrir sur un XP et autre connerie de Vista, donc c'est foireux, la moitié des trucs disparaissent et tout. Mais joie, comme vous avez bien tout lu sur GameTrip, vous savez lancer des jeux de LucasArts à travers l'émulateur ScummVM, donc on passera les détails. Heureusement d'ailleurs, le moteur est bien conçu à travers Scumm, la création géniale de Lucasfilm Games, qui assure la qualité de la galette (enfin de la disquette) entre vos mains. C'est même le premier jeu développé sur ce moteur, et n'ayons pas peur des mots, le premier épisode de Day of the Tentacle. Ne vous étonnez donc pas de retrouver le Docteur Fred ou les tentacules.

La belle et la bête. Et le surfeur. Et le geek...

Georges Lucas est un grand scénariste. Bien qu'il n'ait pas participé à l'élaboration de MM, on sent le scénario réfléchi et travaillé de longues nuits d'hiver. Bon, on le doit surtout à Ron Gilbert, qui a créé le design et les dialogues, mais c'est mon test, j'écris ce que je veux. Bref, tel un bon polar américain des années 1950, le pitch est court, précis: Sandy, la petite amie du héros, Dave, a été kidnappé par un docteur fou, Fred Edison (qui a un lien de parenté avec le fameux Edison, mais nous ne le saurons que bien plus tard). Daves et deux potes assez mal fringués décident donc de libérer la donzelle et partent à l'aventure, une sombre nuit orageuse, devant le manoir du maniaque (hoho, ne serait-ce donc là le titre du jeu?). Premier choc donc: la sélection du personnage. Le joueur doit choisir, dès le début du jeu, sa dream team de trois personnages parmi une liste de loosers en puissance. Dave, le playboy qui pompe allégrement Marty McFly de Retour vers le Futur, Syd le musicien, Michael le reporter photo de l'université, Wendy l'apprenti écrivain, Jeff le surfeur, Razor la rouquine punk et enfin Bernard Bernoulli, le geek qui sera le héros principal de DoTT. Chaque personnage a des compétences, des intentions et modifiera le cours du jeu voire même la fin. Grâce à un habile bouton qui permet de switcher (intervertir pour les puristes) les personnages, le joueur peut donc évoluer tranquillement dans le manoir avec trois bonshommes, les combiner pour certaines séquences, sans toutefois prendre de risques inutiles. En effet, si le docteur Fred ou l'un des membres de sa tarée de famille vous débusque, gare à vos fesses. C'est direction la prison sans passer par la case départ, avec en prime un tentacule pourpre qui se fout de votre tronche. La fin du jeu sera donc alternée en fonction du nombre de survivants dans la maison et des personnages utilisés.

Série B

Parodiant les films à tendance «teenager perdus chez les zombies», Maniac Mansion est un univers à lui seul. A l'image de DoTT ou de Monkey Island, le jeu aime le comique de situation et compte beaucoup sur les dialogues affûtés des personnages pour offrir au joueur de belles tranches de rigolades. Techniquement pas mal pour son époque, le son est géré par le PC lui-même et la séquence d'introduction avec la musique en bips système est devenue culte. Loin d'être parfait, il reste pour autant la crème et sûrement le début du genre point & click, qu'il utilise à la perfection. Son style a non seulement inspiré sa suite logique, DoTT, mais également le reste des jeux d'aventure de LucasArts, puis le reste des pointéclique tout court. Du coup, simple d'utilisation, tout le monde s'y retrouve. Ce système, novateur pour l'époque, est un peu fourbe sur certains endroits. Comme lorsqu'il faut retrouver un bouton dans le noir afin de pointer sa souris dessus et choisir «allumer». Mais c'est ce qui fait le charme du jeu, qui sait jouer avec son joueur, qui propose une réelle interaction. L'histoire, quant à elle, peut se retourner dans plusieurs sens, et reste toujours aussi drôle et bien ficelée. Les personnages, dans le bon ou le mauvais côté (bien que leurs aspirations et machiavélisme ne peut être aussi franchement définis) n'ont aucun mal à prendre de l'épaisseur. Le savant fou est un archétype aussi amusant qu'ignoble. Les tentacules, elles, apportent un peu de fantaisie à cet ersatz de film de science-fiction américain. Tout comme d'autres éléments du jeu, il est plaisant de redécouvrir des récurrences avec Day of the Tentacle et de s'amuser à joindre les deux jeux, aussi délirant l'un comme l'autre. Gribouillé par Jivé, 21 Janv. 2009
En conclusion
9

/10

Maniac Mansion est culte, sans l'ombre d'un doute. A l'instar des autres productions de LucasArts, des autres jeux d'aventure de l'époque, il propose un scénario rigolo, avec des personnages rigolos et des interactions rigolotes. Bref, c'est rigolo. Sérieusement, découvrir l'inventeur du point & click, c'est essentiel non? Donc je n'ai pas besoin de vous donner plus d'arguments. Et c'est marrant, ça.
En perspective
Sur chaque test, l'auteur se pose une ultime question: «avec le recul, aujourd'hui, quel jeu m'a procuré autant de sensation que cet oldie?»De nos jours, Maniac Mansion a eu une foultitude de petits copieurs. A commencer par les suites du même genre, avec en tête d'affiche Day of the Tentacle. Plus récemment, on peut tenter de citer ceux qui essayent de s'approcher, comme les nouveaux opus de Sam & Max. Mais, nous ne le dirons jamais assez, le point & click est quasiment mort. Dommage.

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