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The Legend of Zelda Link's Awakening: mâtin, le réveil!

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Jeu GB | Aventure | Edité par Nintendo | Sorti en Novembre 1993
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On l'a déjà dit, Zelda c'est le manichéisme verdoyant, et ce même sur une console 8-bits qui n'affiche pas les couleurs. Mais oubliez ça, prenez une grande inspiration, écoutez le tintement de démarrage, et jetez votre PSP par la fenêtre. Vous venez de redécouvrir une vraie console, dans ce qui fut la plus grande réalisation sur support Game Boy jamais connue.

TLDR

FUN
Du solide, de l'éprouvé
JOUABILITÉ
Excellent à tous niveaux
TECHNIQUE
De la poésie
NOSTALGIE
Emblématique
On ne change pas une équipe qui gagne: un an après la sortie de The Legend of Zelda: A Link to the Past en 1992, la 4ème aventure Link's Awakening sort et marquera à jamais la série. En l'occurrence, le succès de son grand frère a démontré tout l'intérêt des joueurs pour cette nouvelle forme d'action-RPG signée Shigeru Miyamoto et Takashi Tezuka.

Link’s a marketing

Il y a des tonneaux derrière, c'est mieux qu'un rondin.
Le gameplay est sensiblement le même: on évolue dans un univers vaste où l’on alterne phases de combat et énigmes, exploration d’extérieurs et d’intérieurs, de donjons, et discussions avec d’improbables créatures. La vue aérienne semi-oblique, d'habitude Sacré-Graal des RPG classiques, est utilisée ici, à l'instar de son grand frère, dans une nouvelle conception du jeu d'action. À noter, certaines rares phases de vue de profil non sans rappeler celles de Zelda II: The Adventure of Link, que ça soit pour un souterrain, une partie de pêche, voire certains boss! Les graphismes sont quant à eux sublimes, avec la Game Boy au meilleur de sa forme, à tel point qu’on en arrive à imaginer les couleurs parmi le noir et blanc. Avis très personnel, c’est le plus beau jeu que la console ait jamais porté, même avec la sortie écrasante des Pokemon en 1998.

Le reste est sommes toutes classique, les boutons sont exploités au maximum, avec carte et menu interactif où l’on pourra choisir ses objets et consulter l’avancée de la quête. On y trouvera même des avancées sur ALTTP avec l’ajout de nouveaux objets, comme la plume qui permet de sauter, pouvant d’ailleurs être combinée avec les bottes de Pégase pour effectuer des sauts comme jamais vous n’en verrez dans la série! Ainsi, l’épée n’est plus obligatoire et il est tout à fait possible d’imaginer d’autres combinaisons, comme des flèches explosives (flèches + bombes).

Lost, le disparu

La tombe du coq avec la ballade de Marine, un endroit magique.
L'idée du naufrage a toujours été une fertile amorce dans la tête des scénaristes. L'aventure commence alors que notre petit elfe à bonnet, de retour d'Hyrule après avoir libéré le royaume du joug du terrible Ganon (A Link to the Past), se retrouve balloté en pleine tempête, s'accrochant à un cordage de son bateau telle une moule à son rocher. Foudroyé, la bicoque sombre et laisse Link à son propre sort… Ici, pas d'éternel schéma Zeldien: pas de Ganondorf, pas de princesse, pas d'happy end...L’intrigue est lancée, et quand une jeune fille ressemblant étrangement à la princesse Zelda vient réveiller notre héros somnolant la bouche pleine de sable sur une plage d’une île pour le moins particulière, il n’en faut pas plus, pour nous autres joueurs invétérés, pour rapprocher notre nez de l’écran jauni du Jeu de Garçon (traduction littérale, ndlr), ouvrir de grands yeux émerveillés et savourer la musique envoûtante et tellement culte de Koji Kondo.

On y est donc… Pourquoi ce Zelda et pas un autre? A l’instar de Majora’s Mask, Link's Awakening se démarque de toute la série de par son scénario. Ici on ne rentre pas dans l’éternel schéma Zeldien: à savoir on chausse ses bottes, on prend son couteau, on va faire la peau à ce cochon de Ganondorf, on délivre la princesse Peach et happy end. L.A. nous plonge dans un monde mélancolique, où le rêve, l’émotion et les battements de cœurs vont l’emporter sur l’adrénaline d’un combat épique.

Luxe, calme et volupté

Ne te retourne pas, je crois que tu es suivi.
Échoué sur l’île de Cocolint, Link apprend d’un mystérieux hibou que pour repartir, il lui faudra retrouver 8 instruments, afin de réveiller le Poisson-rêve, créature mystique dormant dans un œuf géant surplombant l’île. Il apprendra ainsi à maîtriser l’ocarina, élément décisif dans sa quête de vérité. Mais qui est le Poisson-rêve? Pourquoi les habitants de l’île ne sont jamais sortis de chez eux? Est-ce que tout ceci ne serait tout simplement pas un rêve? Ne serait-ce pas simplement le fruit du subconscient de Link, qui voit en Marine, habitante de l’île, un sosie de la princesse Zelda et en son père celui de l’oncle de Link d’ALTTP?

Tant de questions qui vont pour la première fois dans un Zelda confronter le joueur à sa propre imagination, avant d’apporter des réponses aussi énigmatiques qu’émouvantes. Link se surprendra ainsi l’occasion à éprouver des sentiments pour une autre fille que Zelda, et fera prendre à cet épisode une tournure magique. Le rêve est inhérent à cet opus, et les idées du sommeil et de la mort omniprésentes. Certains lieux ne sont d’ailleurs accessibles qu’en s’endormant, tout comme il nous faudra aider un fantôme à retrouver sa tombe, afin qu’il y repose en paix.

Nocturne et sicilienne

Le scénario de The Legend of Zelda: Link's Awakening est à mon sens le meilleur de la série. Il rebondit, surprend, émeut, et partage chaleureusement songe et mélancolie. On se souvient tous de cette cinématique finale poignante, triste et gaie à la fois. Des touches d’humour sont néanmoins disséminées ça et là sur l’île et l’ont retrouvera avec plaisir des hommages certains aux autres œuvres de Nintendo comme M. Wright de SimCity, le chien Chomp de Mario que l’on pourra même promener, ou encore Yoshi. Il nous faudra même aider une sirène à retrouver son bikini (je vois des lecteurs qui redressent la tête: juste le haut je vous arrête tout de suite)! Un peu de piment, avec un brin d’habilité, Link pourra même voler dans les magasins, ce qui ne sera pas sans conséquences…

La bande son, signée Koji Kondo comme la majeure partie des Zelda, est fidèle à ce à quoi nous a habitué son compositeur: exceptionnelle. La ballade du Poisson-rêve restera à jamais gravée dans les esprits, de même que chaque donjon peut se vanter d’avoir un thème propre. Les thèmes de Zelda sont habilement transposés sur la console 8 bits et le résultat est bluffant. - Torché le 28/11/2009 à 9h12 par Pasten.
La péroraison
À mon sens un des meilleurs opus de la série. Un scénario qui se joue autant de nos émotions que de nos réflexes, une jouabilité excellente fidèle à elle-même, et des musiques à couper le souffle de poésie et de profondeur. Vous voulez vous replonger en 8 bits? Ne cherchez pas plus loin vous avez le jeu référence Game Boy.
Futur en tailleur
Sur chaque test, l'auteur se met en tailleur pour se poser une ultime question: «avec le recul, aujourd'hui, quel jeu m'a procuré autant de sensation que cet oldie?» Il est difficile de nos jours de se replonger dans un jeu de 1993 sans que les graphismes piquent un peu les yeux. Mais ici pas de barrière temporelle, The Legend of Zelda: Link's Awakening n’a pris que quelques rides et reste un incontournable pour tout fan de la série. Les autres y trouveront un plaisir aussi certain que durable tant cet opus suscite d’émotions. Au sein des Zelda, Link's Awakening s’y inscrit comme un opus innovant et sensible, assumant son rôle de précurseur, et dont les enseignements profiteront encore longtemps. Les plus fans pourront même trouver une adaptation manga! Dans un esprit similaire, les Oracle of Ages et Oracle of Seasons sont également excellents et plus proches de Link's Awakening que ne le sera Minish Cap.
Le verdict
Jeu GB | Aventure | Edité par Nintendo | Sorti en Novembre 1993
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9
10