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Test / N64

Banjo-Kazooie (N64): banjo vit, banjo va, avec Kazooie ça va

Banjo-Kazooie (N64): banjo vit, banjo va, avec Kazooie ça va

Si l’on devait résumer le scénario de Banjo-Kazooie, voilà ce qu’on pourrait en dire: l’ours Banjo, son oiseau domestique Kazooie, et sa petite sœur vivaient paisiblement dans une vallée des plus jolies. Gruntilda, monstrueuse sorcière, jalouse de la beauté de cette dernière décida de la kidnapper. Notre héros, le brave ours, part donc pourchasser la bougresse jusqu’au cœur de son repaire. Avec ce scénario tout droit sorti de l’imaginaire de Walt Disney, les mâles virils ont probablement déjà arrêté de lire. Pourtant derrière ce scénario nunuche se cache un des meilleurs jeux plate-forme/aventure de la Nintendo 64.

Gribouillé par Mr-Mushroom, 03 Nov. 2013
La première chose qui saute aux yeux en allumant la console c’est que Banjo-Kazooie a été bichonné d’un point de vue esthétique et artistique. Pour l’époque, ce jeu est beau! Rareware oblige. Le studio britannique a mis le paquet pour que l’ours bénéficie des meilleures technologies graphiques. Du coup, la Nintendo 64, pourtant réputée pour ses jeux aux graphismes improbables et à ses angles de caméras douteux, tord le cou à sa réputation et nous offre un jeu propre sur la forme et dans lequel faire un zoom sur le décor ne décolle pas la rétine du joueur. Et tant qu’on parle de la forme du soft, il faut obligatoirement aborder sa bande-son. Une fois de plus, Rareware impose sa patte artistique en signant des morceaux de qualités. Et en plus des musiques traditionnelles présentes dans chaque niveau, le château de Gruntilda, qui sert de niveau charnière entre chaque monde, a la particularité d’avoir une musique d’ambiance qui change de tonalité selon l’endroit où se trouve Banjo. Non seulement cela donne du cachet au jeu, mais ça évite également de rendre le joueur fou au bout de cinq minutes. Et si vous doutez encore de la qualité des musiques de Rareware allez donc écouter les OST de Jet Force Gemini, Conker Bad Fur Day, ou encore Killer Instinct.

Un gameplay renouvelé

En ce qui concerne les mécaniques de jeu, on peut être plus nuancé. Banjo-Kazooie est une réussite au niveau de la jouabilité, mais en apparence il n’apporte rien de bien neuf par rapport à un Super Mario 64 sorti un an plus tôt. Le but est sensiblement le même: obtenir des étoiles dans chaque niveau pour pouvoir débloquer la suite de sa progression dans le château. La seule différence c’est que Banjo et son piaf doivent ramasser des pièces de puzzle. Mais le réel intérêt du gameplay réside dans ses détails. Deux d’entre eux réussissent à apporter cette petite touche en plus qui permet à Banjo-Kazooie de s’affirmer comme un très bon jeu. Le premier ajout est la présence de Mambo, un chaman étrange présent dans chaque niveau. Moyennant une petite rémunération, le magicien vous transforme en une créature, objet, ou chose… spécifique à un niveau et possédant ses caractéristiques et mécanismes propres. Sa présence permet donc d’expérimenter deux types de gameplay et ainsi de redécouvrir complètement un niveau une seconde fois après l’avoir visité. L’autre point fort du soft est son côté progressif qui est cette fois symbolisé par Bottles, une taupe bigleuse présente elle aussi un peu partout dans le jeu. La brave bête aidera Banjo dans son périple en lui apprenant de nouvelles techniques qui le feront bien souvent gagner en puissance, mais surtout qui l’aideront à avancer dans le repaire de Gruntilda. Un marécage impossible à franchir? Pas de soucis, la taupe est là pour enseigner l’utilisation des bottes tout-terrain. La recherche des taupinières dans lesquelles Bottles a élu domicile devient donc très rapidement un enjeu de taille qui booste grandement l’intérêt du jeu.

Fantastique, intelligent: bienvenue dans les mondes de Banjo!

Pour peu qu’on soit un peu sensible au charme enfantin du jeu, Banjo-Kazooie nous offre un univers assez fantastique, remplit d’ours qui parlent, d’hippopotames chercheurs de trésor, ou encore de phoques faisant une course de traineau. Quant à ceux qui ont un cœur de pierre et qui ne sont pas émus devant tant de trucs mignons, sachez que les mondes, en plus d’être merveilleux, sont aussi bien pensés en termes de gameplay. L’un des niveaux amènera par exemple le joueur a visiter un même monde à travers les 4 saisons, avec ce que cela implique comme aléas climatiques (les lacs gelés en hiver, les abeilles qui attaquent au printemps, les plateformes en forme de feuilles qui tombent durant l’automne…) De plus, Banjo-Kazooie est un jeu qui regorge d’objets à trouver. Fouiller chaque niveau de A à Z prendra plusieurs heures si on se donne la peine de tout récupérer. Mais en même temps, quand on a le plaisir de jouer à un jeu réussi, on ne compte pas les heures. Gribouillé par Mr-Mushroom, 03 Nov. 2013
En conclusion
9

/10

Banjo-Kazooie est un jeu réussi à tous les niveaux, qui a essayé, à son époque, de piquer la vedette du plombier moustachu. Même si c’est loin d’être le cas à l’heure actuelle, le duo aura tout de même marqué les esprits en apportant de nouveaux éléments au genre de la plate-forme/aventure et en signant l’un de ses titres les plus cultes.
En perspective
Sur chaque test, l'auteur se pose une ultime question: «avec le recul, aujourd'hui, quel jeu m'a procuré autant de sensation que cet oldie?»Quitte à comparer d’autres jeux à Banjo-Kazooie, autant choisir des pointures. Super Mario 64 est celui qui se rapproche le plus du soft, autant en terme de réussite que de gameplay. Donkey Kong 64 a lui aussi brillé dans le genre de la plate-forme/aventure et est lui aussi issu de la longue liste de succès de Rareware. Si vous êtes un fan inconditionnel de l’ours et de son acolyte plumé, sachez qu’une suite de leurs aventures est sortie sous le nom de Banjo-Tooie. Les deux titres ont d’ailleurs été remis au goût du jour sur la Xbox 360.