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Test / SNES

The Legend of Zelda A Link to the Past (SNES): Hyrule de quel côté dans ce pays?

The Legend of Zelda A Link to the Past (SNES): Hyrule de quel côté dans ce pays?

Dans «A Link to the Past», il y a «Link» pour «lien», et «Link» pour «Link». Vous ne comprenez rien à ce charabia? Alors il vous manque une grosse case vidéoludique, et je vais m’efforcer de combler ce trou.

Commis par samcarredas, 27 Juin 2009
1992 n’est peut-être pas une année très érotique mais c’est à coup sûr une année ludique et magique car les européens découvrent alors la Super Nintendo. 1992 c’est aussi l’année qui voit la sortie du 3ème opus d’une des plus grosses licences Action RPG du jeu vidéo, The Legend of Zelda: A Link to the Past.

Si mes souvenirs de vieux con, boiteux, alcoolique, fou et baignant dans une marre de vomi vert sont bons, à l’occasion de la commercialisation du jeu, certaines pages des magazines pour consoleux boutonneux présentaient une publicité dans laquelle on pouvait voir un squelette assis devant sa télévision, entouré de toiles d’araignées, et tenant une manette de Super Nintendo dans ses mains. Avant de demeurer à l’état osseux, le personnage atypique représenté sur cette réclame devait sûrement être un beau et vigoureux jeune homme qui commença une partie de A Link to the Past sans se douter que, pour arriver au bout du jeu, il lui fallait une vie entière ; vie qui se termina donc en léthargie face au petit écran. Comme nous le disait implicitement cette publicité presse, le nouveau Zelda pouvait se targuer d’être long pour l’époque, très long. Certes, aujourd’hui il est largement dépassé si on ne prend en compte que les critères de longévité. Mais heureusement, A Link to the Past ne se résume pas qu’à une simple performance en matière de durée de vie, sinon le titre n’aurait jamais atteint son statut actuel de légende du jeu vidéo, et ne s’apprêterait peut-être pas, aujourd’hui, à retrouver le chemin de ma console.

Et je m’essuie les fesses…

… Pour pouvoir me rhabiller sans désagrément, tirer la chasse d’eau des toilettes, sortir des WC, allumer la télévision, brancher ma vieille Super Nintendo, y insérer la cartouche de A Link to the Past, allumer la console, prendre la manette de jeu, m’asseoir dans mon canapé et enfin jouer… Ou plutôt re-jouer à ce 3ème épisode des aventures de Link.

Link c’est le jeune elfe tout habillé de vert, héros de la saga Zelda, qui délivre la princesse éponyme à chaque épisode. Ce coup-ci Link, alors en plein somme, fait un mauvais rêve dans lequel il entend, ou plutôt perçoit, des appels à l’aide envoyés télépathiquement par cette fameuse princesse Zelda. Le jeune elfe se réveille en sursaut et voit son oncle bedonnant (qui a dû, lui aussi, recevoir le SOS), l’épée à la main, prêt à partir à la rescousse de la jeune femme. Mais le vieux crouton, dont les capacités à croiser le fer se sont sûrement évanouies avec l’âge, perdra la vie quelques minutes plus tard dans un affrontement dont Link ne sera pas témoin.

Et je me sors les doigts du nez…

… Car c’est maintenant que moi, joueur, je prends les commandes de Link pour démarrer une grande aventure qui aura pour buts premiers de venger l’oncle récemment décédé et de délivrer la pauvre Zelda. Dans l’heure qui suit, j’apprends que c’est un méchant sorcier du nom d’Agahim qui tenait la princesse en captivité et qu’il a même essayé de l’éliminer. Cet Agahim a la tête remplie de noirs desseins incluant notamment: la destruction de la contrée d’Hyrule où résident Zelda et Link, le meurtre d’un maximum de mignons êtres vivants (lapins souriants en premier sur la liste), la clémence – à l’inverse - pour toute créature à tronche de cake, et enfin la transformation du vin, de la bière, de la vodka, du whisky et du rhum en eau… Rendant ainsi l’existence impossible. J’éviterai de rentrer dans les détails historiques qui ont amené le vil personnage à souhaiter de pareilles horreurs, ni dans les détails du scénario qui reste d’ailleurs assez maigre, et dont il vaut mieux laisser au lecteur tout le plaisir d’une future découverte. Non, parlons plutôt grossièrement de ce que Link va devoir faire durant la plus grande partie de sa quête: la recherche d’artefacts. Pour ceux qui ne connaissent pas (et pour les autres), ces artefacts sont en fait les morceaux de la Triforce, relique magique célèbre en Hyrule, représentée par un assemblage de 3 triangles d’or et qui donne à son porteur un pouvoir dépassant l’imagination des plus créatifs. Les morceaux de cette Triforce sont cachés au fond de donjons où le joueur va évidemment devoir envoyer Link. Ce qu’on appelle donjon ici, correspond la plupart du temps à un antre plus ou moins accueillant, souvent moins d’ailleurs, formalisé par un château, une grotte ou une tour qui invite le joueur à venir circuler dans des dédales de couloirs étroits, des salles confinées, et qui propose toujours de nombreuses énigmes mettant à l’épreuve les petites cellules grises de chacun. Ces énigmes peuvent aller du simple allumage de brasero à l’aide d’une lampe à huile pour ouvrir une porte, au mécanisme tortueux qui oblige à faire des allers retours dans différentes pièces du donjon, en activant les bons interrupteurs avec les bons objets, pour pouvoir finalement libérer un chemin vers un coffre renfermant un outil ou une arme qui permettra, alors, de trouver de nouveaux passages dans les salles déjà visitées…ouf. Vous l’avez compris, ça peut vite devenir compliqué.

Heureusement pour les claustrophobes et les lents d’esprit, les phases en intérieur ne comptent pas pour la totalité du jeu et il sera possible de gambader en plein air, de courir bêtement sur l’herbe des plaines d’Hyrule, de tailler une bavette avec les fermiers du coin tout en bronzant et, bien sûr, de tabasser du méchant soldat, de l’horrible squelette ou de l’affreux blob en dégainant son épée ou son arc, tout ceci en temps réel (Action RPG oblige). Les habitués de la saga Zelda ne trouveront rien de surprenant en lisant ces lignes, puisque le système de jeu et les mécanismes décrits ici seront, dans l’ensemble, conservés pour tous les épisodes suivants.

Et j’ouvre grand les yeux…

… Pour admirer l’univers de A Link to the Past. Cet univers invite le joueur à quitter son quotidien pourri, sa vie morne sans ambition, pour voyager par-delà les plateaux, les montagnes, les plaines et les forêts, et vivre une aventure épique mêlant habilement exploration, combats et réflexion. Les décors et êtres vivants ne sont pas excessivement détaillés, le monde parcouru n’en est pas moins enchanteur. C’est le parfait mix entre heroic-fantasy et cartoon. Comme pour le premier épisode de la saga, sorti bien avant sur NES, A Link to the Past propose une vue «du dessus», avec des personnages représentés grossièrement par des bouboules, avec des arbres, des poules et des maisons sortis tout droit d’un dessin d’enfant, le tout baignant dans un ensemble de couleurs pastel pour un résultat très agréable à la rétine.

La plus grande prouesse dans tout ça? Donner l’impression d’immensité et de diversité dans une surface de jeu finalement assez petite. Et ça, ça s’appelle l’art du level design ; art qui explique en partie que A Link to the Past passe les années avec un flegme britannique sans donner l’impression de décrépir.

La progression dans l’univers est en outre parsemée de passages, de détails qui, aussi courts ou infimes soient-ils, se sont certainement imprimés à vie dans le cerveau des gamers comptant ce Zelda 3 à leur palmarès, renforçant ainsi considérablement, chez de nombreux jeunes et moins jeunes adultes, l’envie de rejouer au titre encore aujourd’hui. La simple évocation du garçon au filet à papillons, de la prière de Link devant le Palais du Désert, du flûtiste perché sur son tronc d’arbre au milieu du Bosquet Sacré, ou encore de la traversée du Palais de l’Aveugle, me procurent moult émotions réveillant chez moi l’envie d’embrasser tout et tout le monde, de faire l’amour à la vie, et je pense que je ne dois pas être le seul sous cet effet ; effet d’ailleurs cosmiquement-décuplé par l’OST.

Et j’enlève la cire de mes oreilles…

… Pour profiter pleinement d’une des bandes sons les plus mythiques du jeu vidéo. Le thème principal de A Link to the Past, repris du premier Zelda, est certainement le thème vidéoludique le plus connu dans le monde des jeux d’aventures et autres RPG sur console. On parlait précédemment des raisons qui font de A Link to the Past un titre intemporel... Et bien le petit bout de son épique que je viens juste d’évoquer en est une. Les autres mélodies du jeu, même quand elles ne se résument qu’à quelques notes, ne sont pas en reste. Le thème des bois perdus ou du monde parallèle à Hyrule sont quasiment aussi cultes, tout comme les musiques des donjons ou des grottes qui participent largement à créer une ambiance tantôt menaçante, tantôt légère, tantôt mystérieuse… Mal écrit par samcarredas, 27 Juin 2009
En conclusion
10

/10

Ce troisième opus de la saga Zelda est avant tout un jeu solide. Non, non! Ne commettez pas l’irréparable en fustigeant votre cartouche de coups de marteaux pour tester sa résistance aux chocs! Par solide j’entends que les ingrédients utilisés dans la fabrication de A Link to the Past ont été si bien choisis et si soigneusement dosés qu’il n’a pas été besoin d’introduire quantité d’effets spéciaux, de personnages torturés ou de proposer un univers gigantesque pour obtenir un jeu riche, un jeu passionnant, une légende vidéoludique. Tout est dans la mesure et l’efficacité, ce qui fera d’ailleurs la grande force de la saga par la suite.
En perspective
Sur chaque test, l'auteur se pose une ultime question: «avec le recul, aujourd'hui, quel jeu m'a procuré autant de sensation que cet oldie?»A Link to the Past mérite autant d’éloges que ses concurrents indirects Final Fantasy VI ou Chrono Trigger sur la même console, et ce malgré un univers plus simpliste comme nous venons de l’exposer. Le titre est, en outre, à mon sens plus intéressant que ses comparses Secret of Mana et Illusion of Time car, encore une fois, les mécanismes de jeu sont mieux huilés. Au sein de sa propre saga ce Zelda parait, avec Ocarina of Time, beaucoup plus solide que les derniers opus The Wind Waker et Twilight Princess, et peut-être même meilleur.

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