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Test / SNES

Secret of Mana (SNES): dans la forêt oh oh, de la mana, darlidada

Secret of Mana (SNES): dans la forêt oh oh, de la mana, darlidada

Attirant, mignon, bien développé, inattendu, surprenant, émouvant, beau, long, parfois dur, épique, un miracle, une œuvre parfaite, du travail de pro, inoubliable, et qui marque les esprits à jamais. Ne tombez pas dans le piège, il ne s’agit pas de moi, mais de l’immense Secret of Mana.

Commis par Robin Masters, 12 Avril 2010
Il y a des jeux comme ça, qu’on ne peut pas oublier. Des jeux qui, dès le jour de leur sortie, deviennent immédiatement, avant même le premier exemplaire vendu, des incontournables comme on dit, des must have. Aujourd’hui, ces jeux font le buzz, se vendent par paquet de douze alors qu’à l’époque le ramdam était moins visible, bien qu’aussi important. Ce nom, Secret of Mana – ou Seiken Densetsu 2 – vous l’avez forcément entendu quelque part, et si vous avez du goût, vous voyez exactement de quoi je parle. Mais alors, pourquoi un RPG de type Zelda-like a-t-il autant marqué les mémoires des joueurs, qu’importe leur âge, à l’instar d’un Zelda ou d’un Chrono Trigger? Pour la peine j’allume ma SNES.

Un secret, du mana, c’est Secret of Mana

«Je m’en souviens comme si c’était hier. D’ailleurs, c’était hier. Avec mes amis, on se promenait, on jouait aux cons en haut d’une grande cascade. Et par mégarde, j’ai trébuché je ne sais comment et atterri plusieurs mètres plus bas, inconscient. À mon réveil, j’ai cru devenir dingue, je jurais entendre une voix qui me disait de trouver l’épée. Qu’est-ce qu’il me raconte, celui-là? Mais qui me parle, d’abord Arrêtez les mecs, c’est pas marrant votre blague. Mais j’étais seul. Je me suis levé, mais bizarrement, je ne reconnaissais pas le coin, alors que je viens ici depuis mon enfance, ma naissance même. Qu’importe, je me fraie un chemin parmi les herbes, je patauge dans la flotte et je finis par voir un truc briller au loin. Je m’approche, et là, c’est le drame, ou presque. Une épée enfoncée dans un roc. Très marrant, les mecs, pas du tout cliché le machin de l’épée dans le caillou, mais ce n’est pas grave. Et cette voix dans ma tête qui est toujours présente. Puisque je suis là, j’enlève l’épée… Un flash! Je retrouve mes esprits, l’épée à la main, la bi** au fourreau mais je sens une atmosphère différente. En même temps, je viens de passer quelques instants difficiles, et ces drôles de monstres n’étaient pas là avant. Bref, je tue tout le monde, je me trouve plutôt doué au maniement de l’épée et je rentre au village, c’est flippant par ici. Mais mon retour ne s’est pas vraiment passé comme prévu. L’Ancien m’accuse l’épée sacrée gardienne et un séisme m’a amené à tuer une grosse créature pour sauver un de mes potes. Pas cool. Je suis ensuite banni du village car soi-disant porteur de malheur. Encore pas cool. Je rencontre Jean, un preux Chevalier qui me guide dans ma quête dans laquelle je dois trouver des graines et restaurer le pouvoir de Mana.»

J’aime

Cette mise en bouche de Randei donne envie, ou un truc du genre. Dans son aventure, notre héros ne sera pas seul, il sera accompagné de Purimu, une fille amoureuse d’un chevalier et Popoi, un elfe ayant perdu la mémoire. Jouer à Secret of Mana est simplissime, surtout si vous avez déjà tâté un Zelda. Une vue de dessus, des combats réguliers et en temps réel, de l’Action/RPG comme on aime. Le système d’inventaire est très bien pensé, sous forme d’anneau qui tourne transparent, et permet de rapidement changer d’armes ou d’utiliser un objet. L’épée sacrée ne sera pas la seule alliée de Randei, puisque notre héros banni pourra se servir d’une lance, d’une hache, d’un javelot, d’un fouet, d’un arc, de gants de combat et même d’un boomerang. Selon les situations, certaines armes s’avèreront nécessaires pour se sortir de combats délicats et difficiles. Lors de votre avancée, vous voyez les ennemis sur votre chemin et pouvez les éviter, pratique si votre état de santé est inquiétant. Mais fuir n’est pas une solution, sachant que derrière un combat acharné se cache souvent une récompense intéressante.

Dans le monde imaginé par les créateurs de Secret of Mana, vous voyagez de continent en continent et de ville en ville. Utilisant le fameux Mode 7 de la SNES, ce système de déplacement se fait par trois moyens possibles. À pied, à l’aventure, plus long, mais gratuit et souvent propice aux rencontres. Au canon, c’est-à-dire projeté directement où vous le souhaitez, mais c’est payant. Et le meilleur moyen de locomotion, le dragon, mais il faudra le mériter. Il vous pose n’importe où, et gratuitement, pratique. Il y a du pays à voir, c’est grand, c’est chouette et c’est ce qui fait le charme du jeu.

Un je ne sais quoi

Des jeux comme Secret of Mana, il n’y en a pas deux. Enfin, si, qui ressemblent, il y en a eu, mais qui laissent une telle marque, non, aucun. Pourquoi? L’histoire, l’ambiance, la simplicité, l’humilité dont a fait preuve Square. Loin d’un FF parfois surjoué, SoM n’impose rien, il se dévoile progressivement et juste quand il le faut. Graphiquement, c’est très propre, sans bug, bien fignolé, techniquement aussi. Cette petite touche, ce petit ingrédient mystère, comme pour la recette du Coca-Cola© a fait le succès du jeu. Et pourtant, sa suite n’a pas eu le même succès ni même pour les opus portant sur le même univers sortis récemment. Le scénario est riche en rebondissements et n’ennuie pas le joueur. On a toujours envie de jouer, de continuer, d’avoir le dragon ou de découvrir une nouvelle ville. J’ai failli oublier de vous lâcher quelques mots sur la musique, absolument splendide. Œuvre de Hiroki Kikuta, la bande-son du jeu reste encore gravée dans les mémoires aujourd’hui. Il est même possible de se procurer le CD assez facilement sur la toile. Tous ces petits trucs font de Secret of Mana ce qu’il est. Ajoutons à cela la possibilité de jouer à trois joueurs simultanément sur le même écran et on a notre touche finale. Torché par Robin Masters, 12 Avril 2010
En conclusion
10

/10

Secret of Mana, c’est un peu le jeu qui s’impose naturellement, grâce à un ensemble complet, sans bavure et auquel on ne peut reprocher grand-chose. On aimerait juste que cela ne s’arrête pas, ou avoir plus de personnages, ou d’armes, ou de villes. Secret of Mana est long, envoûtant, mignon, parfait. Un chef d’œuvre de Square.
En perspective
Sur chaque test, l'auteur se pose une ultime question: «avec le recul, aujourd'hui, quel jeu m'a procuré autant de sensation que cet oldie?»Sa suite a été testée dans nos colonnes et d’autres jeux appartenant à la série ont vu le jour sur Nintendo DS récemment, sans gloire. Secret of Mana est proche d’un Zelda, d’un ancien FF voire d’Alundra.

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