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Oddworld l'Odyssée d'Abe: ils sont extra, tes restes

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Jeu PC | Plates-Formes | Edité par GT Interactive Software | Sorti en Octobre 1997
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Il y a de cela très longtemps, une société de développement qui croyait fortement aux extraterrestres, ou qui en prenait de la bonne, au choix, a décidé de créer un monde. Oddworld. Puis un personnage. Abe. Puis, quand tout fut créé, ils devinrent Oddworld Inhabitants (les habitants d’Oddworld en français). Et ils virent que cela était bon. Et nous aussi, on vire que cela fusse bon.

TLDR

FUN
Une vraie ambiance
JOUABILITÉ
Un bon plateformer
TECHNIQUE
Univers onirique
NOSTALGIE
Intemporel
Abe, en fait, c'était le pseudo d’Abraham Lincoln sur Caramail et Voila Chat. Comme les types d’Oddworld Inhabitants étaient des grands fans de cet homme politique, ils nommèrent leur personnage de ce sobriquet jovial. Ils l’affublèrent aussi d’une voix à la con, que nous entendons encore aujourd’hui proférer des «suis-moi», «reste ici», ou autre rire bruyant à la suite d’un pet éhonté. Le monde apocalyptico-futuristico-extraterrestre d’Oddworld est né en 1994. Mais le premier jeu de ce qui était annoncé dès le début comme une saga de six opus, est sorti en 1997.

Prout

Là, Abe entre en transe, et tout le monde se fout à poil. Euh, traverse le portail, je veux dire.
À cette époque, on fait connaissance avec un personnage très étrange. Mélange d’E.T. l’extraterrestre et de Taboo des Black Eyes Peas, Abe est un personnage de la race des Mudokon. Pas de jeu de mot pourri, merci. Cette peuplade pacifique et un peu baba-cool est exploitée à RuptureFarms, un abattoir industriel tenu par d’autres races bizarres un peu plus dégueues, avides de pognons et de voitures de luxe. Pour résumer, c’est une sorte de combat entre les vilains capitalistes et les gentils aborigènes. Sur la planète Oddworld, la race ancestrale des Mudokons, dont fait partie Abe, est réduite en esclavage par les Glukkons, les méchants. Mais comme c’est un héros et qu’il a que ça à foutre de sa journée, notre gentil personnage va entreprendre un exode, qui le conduira à travers toute l’usine. Et je vous le donne en mille: il se retrouvera bientôt à la tête de ses congénères et devra se démerder à les faire sortir de là. Un peu comme Moïse. Ce qui tombe bien, car la race exploitée de Oddworld se considère comme un peuple élu, dont son chef spirituel est venu dans les rêves d'Abe pour lui dire de récupérer sa terre natale. Mais j'dis ça, j'dis rien.

Oddworld, une planète où il fait bon vivre

De temps en temps, il faut avoir du doigté pour sauter les plates-formes en évitant les saloperies qui tombent.
Plutôt novateur à sa sortie, L’odyssée d’Abe ressemble à un conte moderne. Dans un univers entre le post-apoc et le futuriste, tout un monde se découvre. Les développeurs ont créé un système de gameplay, ALIVE, pour donner la vie aux PNJ, et favoriser l'intelligence artificielle. Ainsi, Abe, dans sa quête, doit aider ses copains. Le joueur peut utiliser plusieurs touches pour faire parler son héros. Demander de suivre, de s’arrêter, ou de respecter certains ordres pour éviter de se faire gauler. Abe est un peu autoritaire, mais il semble être le seul à vouloir faire quelque chose de ses dix (euh, huit?) doigts… Les autres sont plutôt assez intelligents quand ils peuvent se barrer, mais dès qu'on a le dos tourné, y'en a toujours un qui s'arrange pour recommencer à astiquer le sol, même si on a tué son chef. Abe semble être le seul à vouloir faire quelque chose de ses huit doigtsFaut les recadrer un peu, quoi.

Le déroulé des tableaux est toujours le même: Abe traverse des écrans horizontaux, comme un jeu de plateforme normal, et on peut apprécier des actions qui se déroulent dans des écrans de fond ou à différents niveaux de la zone de jeu. Une zone qui est d’ailleurs totalement épurée de détails, presque une première à l’époque. On ne connaît pas la santé du héros, et d’ailleurs c’est inutile, car s’il se fait tirer dessus par un méchant garde, il meurt.

Tu la bouges, ta caisse, Mudokon?

Premier contact visuel avec Abe, nouvellement fuyard, et un Slig qui lui court après.
Abe, en plus de raconter des conneries, de rigoler ou de péter (si si, j’vous jure que c’est possible de le faire), et d'avoir la voix du synthétiseur vocal de T-Pain, peut aussi entrer en transe en invoquant les esprits de la nature. Il se met en méditation, semble réfléchir fortement au point d’avoir les veines du front toutes gonflées, sa tête tourne, un halo lumineux arrive et hop, soit il ouvre un passage onirique lorsque des oiseaux sont à proximité (ce qui permet à ses copains à proximité de s’échapper, pas con), soit son esprit entre dans la tête d’un vilain à proximité. Beaucoup plus marrant, car Abe prend alors la possession du corps de la cible, et peut faire ce qu’il veut. Parler dans la langue du personnage (du Slig par exemple, une sorte de bernard-l’ermite en métal avec un fusil-mitrailleur), utiliser son arme, et bien évidemment, tuer ses congénères pour faciliter le passage futur de notre héros. A noter qu’une nouvelle concentration fait imploser ledit personnage ciblé. Ce qui fait des taches par terre, et ces DÉBILES D'ESCLAVES RECOMMENCENT À frotter. Hm, je m'emballe, pardon.

Slig, c'est le chanteur de Police non?

Les décors, très bien rendus et fourmillant de petits détails, ne sont pas dégueulassés par un HUD qui n’aurait servi à rien. Abe peut tomber, de temps en temps, sur des espèces de borne d’arcade à activer et qui lui donnent des indications comme le nombre de congénères à sauver dans ce niveau de l’usine industrielle. Le son est lui aussi utilisé avec parcimonie. De temps en temps, des petits bruits métalliques et des chocs se font entendre, ou alors la marche effrénée des gardes qui font la ronde, des Slugs (les chiens des Sligs) qui veulent vous bouffer les miches, le bruit des Mudokons qui frottent le sol, des caméras de surveillance qui surveillent et des grenades qui grenadent. Sauf si vous les désarmez.

À travers les niveaux du jeu, vous rencontrerez encore d’autres races de monstres tous plus étranges les uns que les autres. Mais attention à ne pas tomber dans leurs griffes, car le système de sauvegarde n’est pas pratique. En cas de mort (heureusement, le respawn est illimité), vous reviendrez au dernier point de passage, bien souvent l’entrée du niveau. N'empêche, ce jeu est presque aussi envoûtant que le «yoooYohOYohYhoYoyOHoYHoyHO» d'Abe qui rentre en transe. - Torché le 22/11/2011 à 9h12 par Jivé.
La péroraison
Oddworld, le premier du nom, est un travail mûri, réfléchi, et novateur. Il a été conçu par une équipe de tarés, car il faut bien avouer que le jeu est irrésistiblement drôle, mais très triste de temps à autres, lorsqu'on essaye de se donner un peu de recul sur l'expérience. On y découvre une sorte d'histoire dans l'histoire. La qualité est là, c'est sûr. Il n'y a presque rien à jeter dans cette bonne surprise arrivée en 1997.
Futur en tailleur
Sur chaque test, l'auteur se met en tailleur pour se poser une ultime question: «avec le recul, aujourd'hui, quel jeu m'a procuré autant de sensation que cet oldie?» Abe a eu des amis et d'autres histoires à raconter. Déjà, la saga Oddworld comporte de nombreux jeux. Certains sur Abe, d'autres sur Munch. Malheureusement, le développement ne s'est pas déroulé comme prévu et de nos jours, le remplaçant pourrait être Ico, pour son côté onirique et plate-formes, racontant une histoire sensible et intelligente, dans des décors de rares beautés.
Le verdict
Jeu PC | Plates-Formes | Edité par GT Interactive Software | Sorti en Octobre 1997
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9
10