Entre dingueries pas abouties, catalogue incroyablement riche et presque sans faute, design et conception pensée pour la famille ou encore précurseur de la nouvelle ère des consoles de Nintendo, la GameCube a-t-elle été appréciée à sa juste valeur? Pas sûr. À vous de juger.
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Au saumon, mon préféré

À cette époque, SEGA connaît le chant du cygne avec sa Dreamcast, trop en avance sur son temps, ou trop en retard, tandis que le succès phénoménal de la PSX promet à la PS2 de devenir si ce n'est mieux, l'emblème d'une génération. Il faut frapper fort. Deux jours après l'annonce de la concurrente japonaise, a NGC est donc annoncée dans l'ère des 128 bits. Comme on aime visiblement les dauphins, le processeur graphique est baptisé Flipper. Une carte ATI de 162 Mhz, à peine plus que la PS2 qui affiche 20 millions de triangles à la seconde. Ca en fait des tétés pointus de Lara Croft. Pour le reste, on joue dans la même cour que la console de Sony. Un écran qui affiche du 480i en 50/60 Hz, une mémoire de 32MB, une V-RAM de 6MB, un processeur «Gekko» de 485 Mhz qui explose littéralement l'Emotion Engine de la PS2 et, on le saura plus tard, un prix public qui l'atomise aussi: 200$ contre 300 pour la concurrence.
Life's a Game

Les Japonais devront attendre un an de plus, une éternité à l'époque
Comme à chaque console de la marque, c'est finalement les licences propres qui attirent. Sur le catalogue, Nintendo annonce 15 jeux au lancement, dont un nouvel épisode de Mario basé sur... Luigi (Luigi's Mansion) avec un Gameplay qui plaira instantanément aux testeurs. À l'E3 2001, on surfe aussi sur le succès de Smash Bros avec l'annonce de Super Smash Bros. Melee, Metroid Prime, Star Fox Adventures, et un Zelda encore non annoncé officiellement. Bref, pour la seule fois de son histoire, une console Nintendo n'annonce aucun réel jeu Mario à son lancement. Pari osé.
PEGI MOINS DE 10

Grâce à une campagne médiatique puissante, et des rabais, la console arrive, et c'est rare pour le souligner, à prendre une petite place sur le marché américain. Dans le monde, on découvre le nouveau visage du jeu vidéo à trois têtes, avec le cube qui prend un tiers des parts de marché au meilleur de sa forme. Au total, la console sera vendue à presque autant d'exemplaires que la Xbox, un peu plus de 21 millions contre 24 pour la concurrente, même si tout ceci est bien loin de la PS2, quatre fois plus que les deux réunies, mais sur deux fois plus de longévité.
On a pas de jeux, mais on a des idées

Elle était pourtant remarquable par plusieurs aspects
Après celle de la N64, un trident que certains cherchent encore aujourd'hui à comprendre comment on le touche (ma fille par exemple), elle s'écarte définitivement du dogbone pour prendre la forme «guidon» de la Dualshock, tout en voulant faire à contre-pied. Le stick et la croix sont décalés, pas alignés, pas plus que les boutons. On y ajoute deux gâchettes évidemment, des vibrations, ainsi qu'un bouton en solo sur la tranche droite (le Z) pour faire cool. Les boutons sont gigantesques, le plastique est enfantin, les couleurs dépareillées: bref, un jouet pour gosse. Et puis plus tard, on sortira quelques nouvelles couleurs criardes toujours à destination des gamins: du vert pomme transparent, de l'orange, mais aussi, avec un peu de lucidité, du gris chromé et du noir mat, un peu plus «passe-partout».
Family guy

Des exclusivités déjà: Star Wars: Rogue Squadron II, Resident Evil 4, Star Fox Adventures... Mais aussi la présence de SEGA, qui, ayant abandonné la construction avec l'échec de sa Dreamcast, se met à publier ses jeux chez l'ancien concurrent. Et surtout, le fameux Zelda non annoncé devient The Legend of Zelda: The Wind Waker, un bijou en Cel-shading considéré par beaucoup comme le meilleur épisode Zelda, qui donne à la The Legend of Zelda un côté dessin animé et qui séduit le monde entier. La licence reviendra trois ans plus tard avec Twilight Princess, et Mario finira par s'offrir un excellent Super Mario Sunshine. Il y a, du reste, assez peu de déchet dans le catalogue de la console.
La GameCube a finalement jeté l'éponge en 2007, après seulement six ans de production, une durée de vie assez courte pour la génération, et pour l'histoire récente des consoles. Elle est remplacée un an plus tôt par la Wii, dont le développement reprend des capacités et innovations qui ne sont jamais sorties sur le cube. ■ Jivé pour GameTrip.net
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