King Kong est une légende. Un gorille surdimensionné, un poil colérique et impulsif, mais également protecteur, bien qu’il soit sélectif. Tranquille sur son île à cohabiter avec des créatures belliqueuses, le voilà bientôt confronté à son pire ennemi: l’être humain.
Le mythe King Kong date de 1933, année de sortie du premier film mettant en scène le gorille géant. Véritable blockbuster et phénomène de société, King Kong fut décliné en une dizaine de films, bande dessinées, romans et même jeux vidéo. En 2005, Peter Jackson, plutôt populaire après le succès mondial du Seigneur des Anneaux, reprend ce projet qu’il avait démarré en 1995. Véritable fan de l'univers, il veut mettre le paquet pour en faire un succès, ce qui sera le cas sans trop de difficultés et grâce à un budget conséquent.
C'est pas le moment de filmer, Bernard!Mais ce n’est pas tout, car séduit par Beyond Good & Evil sorti quelques années plus tôt, Peter Jackson a voulu travailler avec Ubisoft, plus particulièrement Michel Ancel, du studio de Montpellier, pour développer un jeu vidéo au moins aussi ambitieux que le film. Il a d’ailleurs suivi le développement de très près, au déroulement plutôt chaotique, comme nous l’avons appris récemment des bouches de Florent Sacré et Elisabeth Pellen, respectivement directeur artistique et conceptrice principale. Cette dernière a dû s’inspirer du film de 1933 et n’a reçu des données partielles qu’un an environ après le début du projet. Des bribes par-ci par-là, laissant les équipes dans un brouillard permanent, s’ouvrant au fur et à mesure des élements de Peter Jackson, notamment les textures d’une partie de la jungle, provenant de photos prises dans les Cévennes, dans le sud de la France.
Florent Sacré lui, a carrément dû refaire la tête de Kong, suite à un retour de Peter Jackson et surtout son fils après une session de jeu, ce dernier trouvant le museau trop grand et le sourcil disgracieux. Une exigence nécessaire?
Complètement Kong
COUCOU FEMME!Kong est grand, fort et puissant. Il mesure 7,6 mètres et distribue des patates de forains. Le gorille se joue à la troisième personne, son objectif est on ne peut plus simple: il est épris d’Ann et souhaite la garder et la protéger contre toute menace, qu’il s’agisse d’autres créatures ou tout simplement d’êtres humains. Ann apprécie Kong, qui est doux et prend soin d’elle. Les phases de jeu avec Kong sont orientées action et ça déménage. On saute, on tape, on s’accroche, on tape son torse et on attrape tout ce qu’on peut. Le bestiaire propose des crabes géants, des scorpions, géants aussi, des brontosaures, des piranhodon ou même un vastasaurus rex, un V-Rex quoi, une sorte de tyrannosaure qui n’en a pas le nom. C’est d’ailleurs sans peine qu’on lui chope la mâchoire pour la briser en deux.
Kong ne craint personneLa jungle, pourtant dense, est agréable à parcourir et on se sent chez soi. Sûrement parce C’EST chez lui, à Kong, c’est sa baraque, son île. Il passe le plus clair de son temps à essayer de sauver Ann qui n’est pas fichue de rester là où on lui demande. Heureusement, Kong est agile et sa force lui permet de régler les problèmes avec efficacité. Il n’est toutefois pas immortel, donc soyez prudents. On notera également que le gameplay, très agréable, souffre de quelques lenteurs durant ces phases, entre l’action et la forêt à afficher, il faut que ça suive derrière. La première partie dans la jungle laisse la place à d’autres niveaux et lieux, que je vous laisserai découvrir.
Bande de Kong
Une belle brochette de nigauds.L’originalité de King Kong réside dans l’alternance des personnages et du gameplay. Quand le joueur n’incarne pas Kong, il est dans la peau de Jack Driscoll, qui dirige une équipe de tournage qui débarque la fleur au fusil sur Skull Island. L’ambiance change lorsqu’Ann est enlevée par la civilisation indigène de l’île pour être offerte en sacrifice au roi Kong. L’ensemble est parfois brouillon Le joueur incarne donc Jack en vue subjective, sans la moindre interface à l’écran, un choix artistique payant et renforçant l’immersion du joueur face à la dangerosité de l’île. Pas de barre de vie, ni même les munitions indiquées, Ubisoft a misé sur une mise en scène brute. Pas de réticule non plus pour tirer, il faut armer son fusil et viser via la mire pour toucher sa cible. Et si l’on se sent invincible avec Kong, l’ambiance avec Jack est toute autre. Les premiers ennemis que vous croiserez seront des dinosaures, et ce n’est pas avec votre petit pistolet ou les pieux que vous ramasserez que le bestiau prendra peur. Toutefois, des hydravions viendront larguer du matériel plus intéressant sur l’île.
Moyennement équitable, ce combat.Les combats s’apparentent à du survival, il faut dire que face à un dinosaure avec un pauvre fusil, on ne fait pas le malin, la fuite s’avère parfois la meilleure solution. L’action laisse parfois sa place à l’exploration, des petites énigmes à résoudre, le tout parsemé de rencontres plus ou moins réjouissantes. Heureusement que l’immersion est au rendez-vous, car dans la peau Jack c’est littéralement du FPS couloir. On n’est au final que spectateur des événements. Pendant que nos collègues tentent d’ouvrir une porte, on tente de faire diversion et se débarrasser des menaces aux alentours. L’ensemble est parfois brouillon et on se retrouve à espérer vite passer dans la peau de Kong pour faire la bagarre. Le gros du jeu se déroule sur Skull Island, tout comme le film. Il faut dire que les quelques séquences finales à New-York, bien que mémorables visuellement, ne s’avèrent pas être les plus intéressantes pour le joueur. A propos de final, le jeu offre une fin alternative dans laquelle Kong ne meurt pas, à condition d’accumuler 250 000 points au long de la partie. Une fin dans laquelle notre gorille finit par retourner sur son île. Tout ça pour ça… Cela dit, grâce à ses phases avec Kong très agréable, le jeu offrait une belle rejouabilité. Et surtout donnait envie de voir le film, c’était l’objectif principal.
■ Robin Masters pour GameTrip.net
L'avis de Robin Masters
Peter Jackson's King Kong The Official Game of the Movie est un jeu plutôt réussi, s’accordant très bien au film sorti à la même période et proposant un gameplay simple et efficace en alternant les phases à la première personne offrant un sentiment de difficulté et les phases à la troisième personne dans la peau de Kong, à se sentir surpuissant, limite invincible. L’aventure plutôt courte et les soucis de ralentissements dans les moments-clés viennent ternir un peu le tableau.
Sur chaque test, l'auteur se met en tailleur pour se poser une ultime question: «avec le recul, aujourd'hui, quel jeu m'a procuré autant de sensation que cet oldie?»
Malgré sa bonne réalisation pour l’époque et la réception plutôt positive, le jeu est tombé aux oubliettes assez rapidement, un peu comme le film. C’est là ou le bas blesse, King Kong est un bon jeu, mais n’a pas ce petit truc en plus, ce détail, cette étincelle, qui en fait un jeu marquant. A titre de comparaison, beaucoup de jeux d’action sortis quelques années plus tard ont bien plus marqué les esprits: Uncharted, Tomb Raider sans oublier la pelletée d’open world. Et niveau adaptation de ciné, la mode est retombée, c’est fini les années 90.
Article complet : vous êtes sur une page de test qui parle de King Kong (Xbox), découvrez ici notre avis expert et nostalgique de fans du rétrogaming et des jeux vidéo oldies.
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