PES. P. E. S. Ces trois lettres, appartenant au passé chez beaucoup de joueurs évoquent instantanément beaucoup de nostalgie, de dribbles, de buts enregistrés et de musiques de menus bien sûr. Au début des années 2000, la simulation de foot frôlait la perfection chaque année. Retour sur ce PES 5, au moins aussi important que l’opus suivant, légendaire pour beaucoup.
test multi \\ Pro Evolution Soccer 5: Olives et tomme
Là ou FIFA assumait son côté arcade et son côté ultra grand public, PES permettait aux joueurs d’affiner sa formation, sa stratégie, de passer en mode défensif ou offensif en plein match, de jouer collectif et de construire ses actions pour espérer se créer des occasions franches. Il fallait également gérer la forme des joueurs, tenir compte de leur fatigue, leur mauvais pied, leur capacité à marquer de la tête, etc. Il fallait connaître son équipe et préparer ses recrutements en fonction des profils déjà présents pour réellement se renforcer. Alors oui, la grande majorité des équipes n’avait pas de licence mais on pouvait y remédier, nous y reviendrons.
Ooh oui Greg il la sort!
Entrons dans le vif du sujet: le gameplay. Chez Konami, la zone de confort n’existe pas et il faut sans cesse se renouveler, car les nouveautés de l’an passé vont être reprises à l’identique (ou en mieux) chez la concurrence. Tout est une histoire de détails. Par exemple, ce PES 5 voit l’arbitrage intelligemment revu: il laisse réellement l’avantage sur une faute et le jeu se poursuivre, à vous ensuite de continuer l’action ou de mettre le ballon en touche (ou pas) si un de vos joueurs est blessé. D’une manière générale, l’arbitrage est plus strict, sifflant parfois des fautes pas si dures et dégainant son carton beaucoup plus facilement. J’ai souvenir de premiers matchs avec minimum quatre à cinq cartons reçus, le temps de s’habituer à ces changements. Cette modification ne vient pas pour autant hacher le jeu et rendre les matchs interrompus par des coups de sifflet à tout bout de champ.
Autrement dit, les défenses se révèlent bien moins perméables que dans PES 4.Les matchs gagnent même en spectacle et en intensité, grâce notamment aux ajouts qui n’ont l’air de rien mais sont devenus des éléments de jeux de foot depuis. Les gestes des joueurs sont bien mieux décomposés et perdent leur allure robotique, ils adaptent leur posture et leur gestuelle face à un ballon qui change subitement de trajectoire. Au lieu de faire une tête sur un ballon à mi-hauteur, la reprise de volée sera privilégiée, ce qui est bien plus logique. Les joueurs protègent désormais mieux leur ballon en mettant leur corps en opposition, donnent des coups de rein pour tacler debout avec le bout du pied et jouent davantage du physique, épaule contre épaule. Cela n’a l’air de rien, mais ça change la donne et accentue le réalisme déjà élevé de la saga. Autrement dit, les défenses se révèlent bien moins perméables que dans PES 4.
Le niveau de la défense ayant été rehaussé, obtenir une occasion nette est plus rare, surtout dans les niveaux de difficulté plus élevés. Mais c’est beau. Parvenir, grâce à une action de jeu bien construite, à effectuer un tir enroulé à 25 mètres donne des frissons. Les gestes sont léchés, fluides et la physique du ballon incroyablement bien reproduite. Les hors-jeux sont plus fréquents, les gardiens plus vifs. PES, avec son rythme plus lent que FIFA, mise sur le réalisme et cela s’en ressentait jusque dans la conduite de balle. Le joueur pousse sa balle et court vers elle, on sent les appuis de chaque foulée sur la pelouse, alors que son concurrent donnait une sensation de «glissement» sur le terrain du joueur et de sa balle, comme s’ils étaient un duo inséparable dès que celle-ci arrive dans la zone proche du joueur.
Main opposée Richard!
Alors oui, il manque énormément de joueurs et licences, mais ce n’est pas ce qui compte, sachant que ce problème se règle via le fameux mode Modifier. Mais nous y reviendrons, j’ai dit. Ce qui importe se passe sur le terrain et dans la manière d’aborder les matchs. Au menu des nouveautés, la formation est revue. Par exemple, prenez un 4-4-2 tout ce qu’il y a de plus banal. Il est possible d’affiner ce 4-4-2 avec une version A1, A2, B1, B2, C1 et C2. Sur chacune de ces formations, vous ajustez le placement de chaque joueur si vous le souhaitez, mettant les ailiers le long de la ligne de touche, un attaquant plus haut ou plus bas ou en resserrant les milieux centraux. Et l’on passe ensuite de l’une à l’autre formation assez facilement, selon la situation du match. Autre option, devenue simple élément de jeu depuis, l’affichage d’une barre de fatigue par joueur, affichée en jeu sous le nom, représentant une barre verte qui descend au fur et à mesure. Évidemment les joueurs plus âgés ou qui courent beaucoup seront plus vite fatigués. C’est tout bête, mais cet ajout n’était qu’une option dans PES 5.
Fabuleux, tout simplement fabuleux
Passons au mode Ligue. Vous pourrez jouer une ligue mondiale, avec les pays ou les clubs et jouer chaque championnat existant, de la Liga à la Serie A, en passant par la Premier League. Nouveauté, vous pouvez jouer les coupes nationales et choisir si la scène d’entrée est présente, absente ou seulement présente pour les matchs importants. Le mode Coupe ne propose aucune nouveauté, avec les coupes de chaque continent et la coupe Konami. Arrive ensuite le mode Entraînement, avec l’entraînement libre, l’entraînement en situation, le mode challenge, le challenge original, le mode débutants et l’explication des contrôles. Pour les habitués des PES, ce mode est inutile. Les newbies seront par contre aux anges. Vous pouvez également gérer vos sauvegardes, la configuration de la manette (pas de configuration «à la FIFA», marrant), le son, le musée avec les coupes et les buts enregistrés, le magasin PES, le langage et l’écran. Vous y retrouverez les mêmes choses à acheter avec cette fois-ci en plus des coupes de cheveux, des célébrations de buts, des ballons, etc.
Oh ça suffit!
Dans le mode édition, vous pouvez aussi inscrire les joueurs dans les équipes nationales et faire des transferts. Ce qui est pratique, c’est qu’en transférant un joueur dans un club, il est immédiatement dans ce club. Pas besoin de retourner dans son ancien club pour le modifier. Autre chose pratique, ce sont les joueurs qui sont partis dans des clubs qui ne sont pas dans le jeu, vous pouvez les mettre en joueurs libres. C’est mieux que de les mettre dans un club dont on se fout royalement comme le Partizan Belgrade. L’édition des équipes a changé. Vous pourrez modifier les maillots des pays, des clubs anglais (exceptés Arsenal et Chelsea), les clubs français et allemands. Certains clubs des Autres Ligues sont à modifier également. Il y en a quand même pas mal dont Konami a eu les licences et sponsors, comme le Celtic Glasgow, Kiev, Porto, Galatasaray, Rosenborg, ou les Glasgow Rangers, sans oublier les ligues hollandaise, espagnole et italienne... Un seul club brésilien est présent: Sao Paulo. Mouais. L’édition des maillots a sensiblement changé. Vous choisissez la forme du col, son motif, les manches, et vous avez deux combinaisons possibles pour la partie centrale. Vous pouvez donc mettre des lignes verticales et une ligne en diagonale si vous le voulez. Bon, ça sera moche, mais c’est faisable. L’édition des sponsors est plus poussée. Vous ajoutez du texte, des logos sur le devant mais aussi dans le dos du maillot et sur le short. Ça prend du temps c’est sûr, mais cela compense le manque de licences et on oublie FIFA. Et imaginez sur PC ou le modding se fait bien plus rapidement en installant un patch. Il sera également possible de modifier l’emblème et le stade. Le reste du mode édition est du déjà vu, avec l’édition des numéros, des noms des stades, des ligues, et grande nouveauté des crampons. Tout un tas de motifs vous attendent, et pour chaque crampon créé vous pourrez lui ajouter trois coloris. Notez qu’il y a des crampons estampillés Adidas, fini Umbro.
La simulation ultime? Cela pouvait paraître prétentieux pour l’époque mais ce Pro Evolution Soccer 5 reste dans les mémoires comme l’un des meilleurs, avec ses nouveautés mais reste toujours bourré de défauts. A défaut d’un concurrent digne de ce nom (ne me parlez pas de FIFA), PES demeure la référence absolue.
