La princesse et son chevalier
2026 est une année spéciale pour tant de séries. Nombreuses, en effet, sont celles qui franchissent le cap des nouvelles décennies : Metroid, Tomb Raider ou la désormais trentenaire Resident Evil. Saga qui, malgré les années et les tentatives plus ou moins ratées (tel un RE 6 par exemple), est toujours autant plébiscitée. Le succès du tout récent Requiem en est d’ailleurs probant, bien qu’en termes de contenu, la discussion peut être tout à fait légitime, voire nécessaire.

Le dernier opus de Capcom a en effet la fâcheuse tendance de flirter avec le ridicule de la nostalgie, piochant ça et là des éléments qui ont fait la réputation de la franchise. Résultat, c’est un titre non pas en quête d’identité que l’on nous a concocté, mais un titre qui, justement, a complètement dénié cette question-là. Requiem ne s'avère être, finalement, qu’un patchwork (très fun certes) de ce qui s’est fait de mieux en horreur avec le septième opus et, surtout, en action avec le légendaire et révolutionnaire Resident Evil 4, le jeu qui nous intéresse aujourd’hui.

Un jeu tout en tension!


Tiens, tiens... Wolverine ?
D’abord sorti sur GameCube, avant de débarquer sur PS2 et, plus tard, sur la totalité des plateformes d’alors et d’après, Resident Evil 4 a fait l’effet d’une petite bombe. Il se posait en rupture avec les épisodes qui l'avaient précédé. Fini la caméra fixe, il était temps de passer à la modernité. Ce faisant, l’avenir de la série en était à jamais décidé, de même que celui des jeux d’action, plus généralement. Avec sa proposition nerveuse et sa caméra au-dessus de l’épaule, Resident Evil 4 avançait vers le joueur avec le modèle type du TPS.

Perdu dans l'antre de la bête
Aujourd’hui, la formule paraît certainement un peu dépassée et Resident Evil 4, dans sa parure d’antan, est probablement délicat à jouer, en partie parce qu’il est un jeu marqué par sa rigidité. Et si on peut voir en cela un défaut, ce n' est pas pour autant une tare. Cette contrainte favorise en effet la naissance d’une véritable ambiance. Le manque de liberté dans les mouvements de notre personnage, le légendaire Leon S.Kennedy, instaure de fait un certain malaise chez le joueur. Il n’y est certes pas question de peur, pas à proprement parler. Mais il se dégage, dans l’atmosphère, un sentiment pas très éloigné. Le stress, très vraisemblablement…

La mort aux trousses!


Un peu de plomb, peut-être...
Là est la virtuosité de ce quatrième opus, qui abolit la notion même de temps mort. L’ennui n’a aucun espace pour s’installer: ça shoot, ça cogne (quand les actions textuelles nous le permettent), ça explose… Bref, Capcom nous a concocté un véritable défouloir. Sur l’écran, c’est un déluge de pyrotechnie et l’action est à son paroxysme, offrant des situations touchant à l'absurde dans sa présence excessive et quasi pornographique.

Par mon flingue, je repousserai le mal
En un mot, Resident Evil 4 est jouissi. Et il l’est avant tout par son inventivité. À chacun de ses pas dans l’univers, le joueur est sans cesse titillé, surpris par les situations et, surtout, par l’opposition qu’on lui oppose et qui, par ailleurs, tranchait définitivement avec ce que Capcom proposait antérieurement. Ces ennemis ne sont plus traînants comme les zombies d’alors. Ils sont rapides et féroces. Mais ce qui les caractérise par-dessus tout, c’est leur diversité. Elle bouscule et crée un sentiment d’insécurité, nous poussant à redoubler de prudence et de réactivité.

En un mot, Resident Evil 4 est jouissif Un bestiaire qui est, instantanément, devenu culte et dont certaines figures sont allées jusqu'à marquer le futur de la série. La réutilisation presque éhontée de la figure de la «furie à la tronçonneuse» dans les épisodes d’après constitue d’ailleurs un témoin de ce statut. Leur présence est asphyxiante et leur agencement a évidemment été pensé pour ne jamais ralentir la cadence. Et, lorsque le doute est permis, quant à leur absence supposée, il y a toujours un élément pour maintenir la tension. L’atmosphère sonore combinée aux décors, certes nimbés d’un voile gris supposé apporter un côté sinistre, assurera la cohérence d’un univers où le danger est permanent.

Dans la nuit, le flingue ne craint pas le désespoir!


Terribles épines !
Toujours à l’affût, on progresse alors dans un monde qui, là aussi, se remarque par sa variété. On commence dans un village pour finir sur une île, tout en cheminant à travers un château. Et si on progresse dans l’espace, il en est également de même pour le temps: Leon entre en scène dans la lumière du jour pour ensuite côtoyer l’enfer dans les ombres de la nuit. Un glissement dans l’obscurité que l’on interprétera, justement, comme une plongée dans l’horreur. Ce que les événements, provoqués par tout un tas de sanguinaires eux-mêmes appuieront.

Pour répondre convenablement à cette menace, l’arsenal à disposition est remarquable par la générosité dont Capcom a fait preuve. Armes de poing, fusils en tous genres ou encore un lance-mines, souvent salvateur, toujours destructeur… Le choix est large. Et outre l’acquisition de ces pièces, que ce soit sur le terrain même ou via la sollicitation du marchand, il existe la possibilité d’améliorer leur efficacité. Une fonctionnalité qui, sans aucune doute, est l’une des principales attractivité de cet opus. ■ Algernon pour GameTrip.net