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Les Chevaliers du Zodiaque (NES): la légende d'or, profondément

Les Chevaliers du Zodiaque (NES): la légende d'or, profondément

Dans la catégorie «bouse pondue par Bandaï», j’ai nommé Saint Seiya Ougon Densetsu ou Les Chevaliers du Zodiaque: la légende d’or en version française. Ce jeu, sorti exclusivement sur Nes en 1987 au Japon, et en France peu de temps après, est la toute première adaptation du manga sur console. La France est donc une grande privilégiée (ou une grande punie…) puisqu’elle fut le seul pays occidental ayant bénéficié d’une traduction. Cela n’est du qu’au succès immense qu’a connu cette série sur notre territoire.

Gribouillé par Brahim, 15 Avril 2012
Les Chevaliers du Zodiaque: La Légende d'or ne m’avait pourtant pas donné une si mauvaise impression à l’époque (surement l’innocence de la jeunesse…). Je trouvais qu’il collait assez bien à l’ambiance et au déroulement de la série. Cela n’est pas faux, l’un des seuls atouts de ce jeu est justement qu’il respecte plutôt fidèlement l’univers du manga. Non le problème ne vient de pas là...

Un système de jeu pourtant intéressant au départ...

Saint Seiya Ougon Densetsu nous propose de retracer toute l’histoire de la série en débutant par l’obtention de l’armure de Pégase, en passant par les combats contre les chevaliers noirs et d’argent et en terminant par la bataille contre les chevaliers d’or. On y incarne uniquement Seiya dans un genre de RPG-action mélangeant des phases de plate-forme et des combats au tour par tour. Le jeu nous fait visiter les multiples lieux cultes de la série comme le sanctuaire, le Colisée ou le Mont Fuji pour y affronter les différents chevaliers de la saga. Pour ce faire, Seiya peut sauter, s’accroupir et donner des coups. Il dispose d’une barre de santé et d’une barre de cosmos qui se consume lorsqu’il lance une attaque. Tous les combats principaux se déroulent au tour par tour mais lorsqu’on se déplace d’un lieu à un autre, on est amené à rencontrer des petits bonshommes en terre qu’on expédie rapidement avec un ou deux coups de poing. Chaque combat gagné nous rapporte de l’expérience qu’on répartit ensuite entre les différentes données du personnage telles que l’attaque, la défense ou la santé. D’ailleurs, on nous demande notre date de naissance avant de commencer le jeu, ce qui va déterminer nos caractéristiques de départ. Enfin, Seiya peut revêtir ou enlever à souhait son armure et même se téléporter d’un endroit à un autre, le tout à l’aide d’un menu qui s’affiche en pressant la touche select.

Tout cela a l’air bien sympathique sur le papier. Pour ma part, je trouve que le choix d’avoir conçu le jeu sous des aspects d’action-RPG est loin d’être idiot et colle plutôt bien au manga. La série animée elle-même adopte un style de combat ressemblant fortement au tour par tour. Par ailleurs, les avatars des personnages lors des séquences de baston sont plutôt bien représentés. En ce qui concerne les graphismes, il est clair que la Nes est loin de cracher ses tripes. La qualité des décors est assez inégale: tantôt correcte, tantôt fade et manquant cruellement de détails.

Mais ATTENTION, c'est du «made in Bandaï»...

Qui n’a jamais goûté à la médiocrité d’un jeu développé par Bandaï? Perso, j’avais déjà bien dégusté à l’époque en essayant de terminer (j’ai bien dit «essayant»…) l’infâme et infaisable Dragon Ball: Le Secret du Dragon sur la même console. Les jeux produits par Bandaï ne sont pas tous mauvais pour autant (si on pense par exemple à la série des Super Butoden sur SNES qui est tout à fait correcte) mais bon, on se méfie avec eux. Ici, la méfiance est justifiée. Le jeu se veut lourdingue et incohérent. Lors des phases de combat au tour par tour, la stratégie à adopter consiste à remplir à fond des jauges d'attaque et à lancer «coup de poing», le reste étant inutile. Il n’y a ni objets ni magies. C’est comme si à FF, vos seules actions possibles étaient «attaquer» et «défendre». Même la tentative d’avoir incorporé le combat par équipe est vaine. En effet, lorsque vous aurez passé l’étape du Colisée, Ikki, Shun, Hyoga et Shiryu se joindront à Seiya et seront alors sélectionnables mais uniquement durant les affrontements. Cependant, ils sont d’une part beaucoup moins forts que le héros principal et d’autre part, ils se servent de sa barre de vie et de son cosmos… Conséquence: ces quatre mousquetaires sont complètement dérisoires! Pourtant dans l’animé, Seiya est très loin d’être capable de vaincre tout le monde à lui tout seul…

Sinon à part les combats, il n’y a pas grand-chose à dire ou à faire dans la Légende d'or. Entre deux affrontements, il nous est parfois demandé d’aller parler à une personne importante du scénario qui va au mieux nous dire deux phrases! Et juste après, on retourne se battre! L’exploration, il n’y en a pas. Il doit y avoir à tout casser cinq maisons à visiter dans le jeu. Les phases de plate-forme sont ultra courtes et n’exploitent pas du tout les possibilités du héros. D’ailleurs, la durée de vie du jeu est très médiocre. Deux heures suffiront à boucler le titre! C’est un jeu fait à la «va-vite», du Bandaï quoi!

Qui a prononcé le mot «Gestion»?

Normalement dans un jeu où l’on gagne de l’expérience, il y a toujours un minimum de gestion à avoir. Mais disons que dans la légende d’or, c’est un peu particulier… pour ne pas dire maladroit! Le jeu est en fait basé sur deux ou trois postulats de départ assez déroutants. Déjà, il faut savoir que pour récupérer des points de santé, vous devez aller à l’hôpital. Cependant, le médecin suit étrangement l’algorithme suivant: si vous venez de remporter un match, alors il n’est pas absent et il vous soigne ; sinon il est absent. Mais attention, hors de question qu’il vous soigne deux fois d’affilé sans que vous remportiez un match entre temps. Si vous perdez un match, vous vous retrouvez à l’hôpital avec les mêmes données que vous possédiez juste avant d’affronter votre bourreau. Par ailleurs, le cosmos est la donnée essentielle du jeu. Si vous n’en avez plus, vous ne pouvez plus infliger de dégâts et donc… c’est la mort! Seulement voilà, vous ne pouvez en obtenir que pendant l’histoire (donc à des moments très précis et limités) ou en échangeant vos points de vie contre des points de cosmos via le menu select. Le cosmos se consumant à une vitesse géométrique, vous serez très vite amenés à en rechercher.

Le côté «gestion» de ce titre se résume donc à un jeu d’aller-retour incessant chez le médecin à des moments bien précis tout en transformant les points de santé en cosmos au moment de se faire soigner... Même à écrire, c’est super lourd! C’est pour dire! Et si vous gérez mal tout cela, vous pouvez vous retrouver coincé devant un ennemi que vous ne pouvez vaincre faute de cosmos. L’unique solution sera alors de… recommencer le jeu! Ça m’est d’ailleurs arrivé deux fois avant que je ne comprenne intégralement cette logique très booléenne… Bien sûr si vous demandez des mots de passe à des moments bien choisis, vous pourrez éviter de recommencer le jeu. Mais encore faut-il avoir le courage de les recopier! Ils sont constitués de plus de 25 caractères avec majuscules, chiffres et ponctuation. Un calvaire de les noter et un cauchemar pour les taper!

«Moi Seiya, et toi comment appeler?»

Et oui Saint Seiya Ougon Densetsu y laissera des plumes par son passage en version PAL. En particulier, la traduction est de bien mauvaise qualité. Il suffit juste de lire le titre pour s’en donner un aperçu. Déjà je ne comprends pas pourquoi tous les textes sont écrits en lettres majuscules alors que pourtant les mots de passes contiennent des lettres minuscules. La ponctuation est un désastre. Certaines phrases sont très confuses et les noms des attaques frisent parfois le ridicule. De plus, de multiples abréviations sont à noter et les plus gênantes concernent les données du héros. A nous de décrypter le sens de «P.O», «P.A» et bien d’autres. Pour ma part, j’ai eu recours à la méthode empirique... Heureusement, les textes sont plutôt rares, ce qui nous évite une irritation permanente de la rétine. On ne fait qu’enchaîner combat sur combat sans se préoccuper du reste. Les musiques sont de qualité très moyenne, voir médiocre par moment. La version japonaise a au moins le mérite de proposer la musique du générique en intro! Gribouillé par Brahim, 15 Avril 2012
En conclusion
4

/10

Pourtant axé autour de deux ou trois idées intéressantes, La légende d’or est très loin de réussir son baptême sur console de salon. C’est pauvre, bourrin, maladroit et ultra répétitive. Un énième navet signé Bandaï sur un même registre que Dragon Ball: le secret du dragon mais un poil moins ridicule tout de même. À réserver aux fans absolus du manga mais des plus tolérants.
En perspective
Sur chaque test, l'auteur se pose une ultime question: «avec le recul, aujourd'hui, quel jeu m'a procuré autant de sensation que cet oldie?»Saint Seiya ne connaît pas à ce jour d’adaptation digne de ce nom, contrairement à son cousin Dragon Ball Z qui atteindra le summum technique et visuel avec Tenkaichi 3. D’ailleurs, les titres utilisant cette licence se comptent sur les doigts d’une main. Deux jeux de combat sont cependant sortis sur PS2 mais malheureusement, ils n’en valent pas le détour car dotés d’un gameplay beaucoup trop limité. Je persiste à penser malgré tout que Saint Seiya n’est pas incompatible avec «jeux vidéo». Personne pour nous faire un bon jeu? Rareware, ça ne vous tente pas…? Bon, j’arrête de rêver…

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