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Double Dragon 3 The Arcade Game: Champollion du monde

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Jeu GB | Beat Them All | Edité par Technos Japan | Sorti en 1991
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À l'origine, il y avait Double Dragon, et c'était bien. Puis il y eu Double Dragon II, et c'était très bien. Et finalement, arriva Double Dragon 3, et c'était très très... mauvais. Et oui, forcément, à force de grimper, on finit par passer le sommet et chuter. Durement. D'ailleurs, dans notre cas, le sommet, il serait plutôt celui d'une pyramide. Mais j'y reviendrai.

TLDR

FUN
Lente frustration
JOUABILITÉ
Arthrite molle
TECHNIQUE
Beau mais léger
NOSTALGIE
Jouez au précédent

Au plaisir de la NRA.
Mais avant l'histoire, un peu d'Histoire. Nous sommes en 1992, en plein âge d'or des jeux de combat. En arcade, dans le salon ou dans la poche, tatanes et mandales sont reines des soirées (comme des après-midi). Enfin, évitez quand même les tatanes proches des poches du jogging fort opportunément porté. Ou alors, à vous les joies de la vie d'eunuque... Et à l'époque, niveau multi-supports, il faut l'admettre, le roi de la baffe, l'empereur de la gifle, le maire d'une commune du Tarn de 82 habitants à Noël (quand les petits enfants sont de passage), du soufflet voire de la talmouse (oui, c'est pratique les dictionnaires de synonymes), c'est Double Dragon. Un épisode, puis deux, puis trois, tous sortis sur NES, développés par Technos Japan, au même titre que les deux premiers épisodes sur GB. Et puis vint ce Jour...

La tête au carré?
Ce jour sombre ou Technos Japan décida d’arrêter le développement de la série, et confia les droits d’adaptations de Double Dragon sur Game Boy à un éditeur américain alors peu connu: The Sales Curve. Déjà, le nom annonce la couleur. Non, ça veut pas dire «des courbes dégueulasses», bande de dégueulasses vous-mêmes d'abord! Bon, on va quand même essayer de ne pas être trop méchants. Un peu. En fait non, il y a des limites au foutage de gueule. Surtout après la qualité des précédents. Je veux dire, ça n'arrive jamais ce genre de chose. À part pour Tomb Raider, Crash Bandicoot, Sim City... Non, jamais, vraiment...

Le tour du monde en 80 bourdes

New York... Where else?
L'intro du jeu commence. Jusque là rien d'anormal. Billy et Jimmy reviennent d'un parcours initiatique de deux ans à travers le monde pour parfaire leur art du combat, tels un Ryu et un Ken en recherche de l'ado. L'ado Ken. Hem... Bref, on retrouve les deux frères (Jimmy et Billy, hein), qui tombent sur une petite vieille aussi étrange qu'inquiétante, leur disant que pour se fritter avec le plus grand combattant au monde (une huile, à n'en point douter), il leur faut trouver les 3 pierres de Rosette, éparpillées de par le monde, puis aller en Egypte.

Malheureusement, ça semblait bien parti...
Alors, comme ça, on ne se rend pas compte, mais le titre de la version GB foire tout car sur NES, le jeu s'appelle «The Rosetta Stones» – pierres de Rosette, qui, dans notre réalité réelle à nous, lecteurs et joueurs, a servi à un certain Champollion pour décrypter les hiéroglyphes -. Voilà, j'y suis revenu. Aux pyramides. Suivez un peu (en revenant en arrière, soit, mais tout de même).

Pour accompagner cela, une musique de 5 bonnes secondes qui boucle, parfaitement dispensable. D'ailleurs, les développeurs s'en sont rendus compte, affichant en grand, avant de dire comment lancer le jeu, qu'appuyer sur Select permet de couper la musique (mais pas les bruitages). Une sage décision...

Un joueur vaut mieux que deux, tu ne perdras pas l'autre

Un p'tit walljump... Ou...? Non. Un walljump. Si si.
Le jeu à peine lancé (en solo, même si un mode 2 joueurs existe, mais allez trouver quelqu'un pour jouer avec vous à cela... Enfin, quelqu'un que vous voulez conserver dans votre entourage) que deux ennemis foncent sur le frère choisi. Quoi de plus normal dans un jeu de Tape les tous, me direz-vous. Sauf que là, comment dire, il faudrait quand même laisser un peu de temps pour se familiariser avec les commandes. Pauvres, d'ailleurs, les commandes: A pour un coup de point, B pour un coup de pied, et les deux pour un coup de pied sauté. Avec un petit plus, quand il saute contre un mur, notre héros rebondit en un coup de pied volant destructeur. Enfin, ça, c'est quand ça marche.

Ah ben oui, une usine, bien sûr...
En pratique, vos doigts abandonneront rapidement. Pourquoi? Parce que le tout est très lent. Horriblement lent. En tout cas, beaucoup plus que vos ennemis... Ce qui fait que vos 7 vies (oui oui, 7 vies) passent assez vite, à ne pas pouvoir parer (et oui, c'est utile des fois) ni fuir... Visiblement, les mecs n'ont pas compris à quoi ça sertAu moins, au début, je peux rentrer dans un magasin d'armes. Une accorte demoiselle m'y attend (pendant que les punks/loubards/gros bras-petits cerveaux restent à l'extérieur, après tout ils ne sont pas payés pour entrer), proposant vies, améliorations et armes. Et la belle arme que voilà: un bâton. Bon, ça tape, c'est toujours ça. Sauf que passé la première transition d'écran, on le perd...

Double Déception

L'image est presque classe... Oh, un tapis roulant qui sert à rien!
Vous l'avez compris, ça part mal: la musique est suffisamment moche pour que le jeu permette de la virer sans baisser le son, et dire que le gameplay est perfectible est un euphémisme. Niveau graphismes, par contre, on est plutôt dans la moyenne haute de la machine. Bon, on ne s'emballe pas quand même: oui, c'est beau, mais ça reste 2 écrans par niveau. Beau mais pauvre (encore). Et relativement vide, même si les affiches sur les murs ou les effets de profondeur rendent bien. De temps en temps, des codes de la séries sont repris, mais donnent l'impression que les développeurs n'ont pas compris leur intérêt. Genre, dans la deuxième partie du premier niveau, on retrouve les tapis roulants typiques de la la série. Sauf qu'ils ne servent à rien. Vraiment à rien. Les ennemis n'y vont pas, le héros non plus, il n'y a pas de caisse qui roule dessus. Bon, visiblement les mecs n'ont pas compris à quoi ça sert.

Premier boss: un gros barbu. Dommage, une barbe punk (un iroquois à l'envers quoi), ça aurait eu de la gueule!
Oh, et je vous ai parlé de l'IA? Ben c'est simple: il n'y en a pas. Les fantômes de Pac Man sont plus intelligents que les ennemis du jeu. Ils ne font que deux choses: aller sur le sprite du héros (bon courage pour les différencier quand 4 persos sont les uns sur les autres) et frapper. De temps en temps on a droit au passage d'une moto, qui se contentera de traverser l'écran tant qu'un coup de pied sauté n'aura pas désarçonné son pilote. Ça ne rattrape pas vraiment le reste... - Torché le 14/10/2019 à 17h35 par Flappy.
La péroraison
Oui, Double Dragon 3 est un des pires jeux de la Game Boy. Aussi difficile à croire que cela puisse être, étant donné ce nom dont la popularité a traversé les décennies pour toujours plaire aux fans actuels de Beat'em all. Cette année 1992 marque cependant la fin d'une époque, le début d'une chute longue et douloureuse pour cette série. Un jeu qui aura déçu tout les joueurs y ayant posé les doigts. Enfin, oui, il y a quelques masos accrocs au speedrun qui s'y seront sûrement lancés. M'enfin... Fuyez (devant le jeu, hein, pas devant votre ordi)! C'est notre seul conseil.
Futur en tailleur
Sur chaque test, l'auteur se met en tailleur pour se poser une ultime question: «avec le recul, aujourd'hui, quel jeu m'a procuré autant de sensation que cet oldie?» Alors 'faut être honnête, ce jeu est tellement mauvais qu'il y a eu bien mieux depuis, et il y avait déjà bien mieux à l'époque. En ce qui me concerne, God of War et Bayonetta m'ont bien défoulé ces dernières années, mais pour l'époque, rien ne vaut un bon Street of Rage!
Le verdict
Jeu GB | Beat Them All | Edité par Technos Japan | Sorti en 1991
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