La plupart des grandes scènes du jeu vidéo ne seraient pas les mêmes sans leur accompagnement musical. Des exemples? Pensez-vous pouvoir dissocier Sonic the Hedgehog de la musique de Green Hill, le premier niveau? Imaginez Tetris sans son air mémorable, Final Fantasy sans la patte de Nobuo Uematsu ou plus récemment Expedition 33, The Last of Us ou Skyrim sans leurs accompagnements. Et que dire de Mario et The Legend of Zelda? Pour la première fois, une exposition met en lumière cet aspect du jeu vidéo, l’occasion pour GT de filer en direction de la Philharmonie de Paris, toujours dans les bons coups pour accueillir des expositions liées à la musique, quelle que soit son genre.

Comment se présente l’expo? Elle se veut ouverte, retraçant chronologiquement l’évolution de la musique, proposant aux joueurs de nombreux supports jouables et surtout dans un parcours libre et ouvert. Une très bonne chose, car nous les joueurs, on n’aime pas trop la linéarité, on veut pouvoir aller à gauche quand le jeu nous dit d’aller à droite. Plus que des mots, découvrez l’expo à travers les yeux de leurs commissaires, Fanny Rebillard et Jean Zeid.




Quand la musique est bonne


Dès l’entrée, de courts extraits sonores sont joués pendant que le logo du jeu concerné s'illumine sur un mur, telle une fresque. Dès les premiers instants, la nostalgie nous prend aux tripes quand passent les thèmes de Doom, Tomb Raider ou encore Street Fighter. Puisqu’il ne faut pas oublier les racines, le parcours nous fait découvrir la musique d’autrefois, ou plutôt les bips sonores, ceux qui accompagnaient les jeux arcade tels Pong, Frogger, Space Invaders, des classiques du genre. Sont également présentés les synthétiseurs et autres instruments utilisés à l’époque, accompagnés de textes expliquant les processus de création.

Notre visite nous conduit ensuite dans diverses salles, la première mettant en valeur de célèbres airs, originaux ou repris. Ainsi, on peut voir que Sonate au clair de Lune de Beethoven (oui, le chien) fut utilisée dans Earthworm Jim 2, Final Fantasy III et Resident Evil, trois jeux au style très différents. La deuxième salle, dédiée à Just Dance se veut suffisamment spacieuse pour laisser la place à celles et ceux voulant danser sur Patrick Hernandez. L'interactivité n'est en réalité que de façade, on choisit la chanson qui sera jouée avec la possibilité de danser mais il n'y a pas de détection de mouvements ou quoi. Il s'agit là de s'amuser et mettre en avant la musique dans le jeu vidéo.

Du son qui crache


Plus que la musique, l’exposition met en valeur les objets, les consoles, les jeux et c’est beau. Des bornes d’arcade, des instruments, une quantité énorme de consoles, la plupart jouables, ce qui n’est pas pour nous déplaire. On peut ainsi jouer à Mario Bros., à Tetris sur un Game Boy géant, ou encore voir l’évolution de Sonic the Hedgehog à travers différentes versions: Mega Drive, Saturn, Dreamcast, jusqu’au dernier opus sorti. Coup de coeur personnel pour la Mega Drive et le mythique Streets of Rage 2 et son extraordinaire bande-son, dont je vous mets ci-dessous le sublime Go Straight, et n’oubliez pas d’aller voir l’incroyable reprise de Smooth McGroove. Ambiancez-vous.



L’exposition se poursuit avec une session de Guitar Hero, un jeu finalement très générationnel, comme en témoigne les adultes très à l’aise gratte à la main pendant que les plus jeunes peinent à synchroniser leurs mains et leurs yeux, bien plus confortables sur Rayman et son niveau musical sur musique de Ram Jam. Un espace plus intime présente également de nombreuses consoles jouables, mais ce n’est pas tout, puisqu’un hub central interactif permet de mettre en lumière la musique d’un jeu, en appuyant sur un des boutons, son tube lumineux nous indique quel jeu fait est associé au son en cours de lecture. Pour les plus curieux, essayez d’entrer le fameux Konami code sur certains jeux pour débloquer un niveau bonus. 

Vous l’avez compris, l’exposition Video Games & Music offre un voyage de plus de 50 ans dans le jeu vidéo au travers de sa musique. Beaucoup de détails historiques, des hommages aux grands compositeurs, des mises en lumière et en son, beaucoup de supports de toutes les époques jouables pour une visite qui dure environ 1h30 si vous prenez votre temps. De belles choses à découvrir et à faire découvrir aux jeunes générations. ■ Robin Masters pour GameTrip.net