Dans la catégorie «bouse pondue par Bandaï», j’ai nommé Saint Seiya Ougon Densetsu ou Les Chevaliers du Zodiaque: la légende d’or en version française. Ce jeu, sorti exclusivement sur NES en 1987 au Japon, et en France peu de temps après, est la toute première adaptation du manga sur console. La France est donc une grande privilégiée (ou une grande punie…) puisqu’elle fut le seul pays occidental ayant bénéficié d’une traduction. Cela n’est du qu’au succès immense qu’a connu cette série sur notre territoire.
test NES \\ Les Chevaliers du Zodiaque: la Légende d'Or, profondément
Un système de jeu pourtant intéressant au départ...
Graphiquement, il est clair que la NES est loin de cracher ses tripesChaque combat gagné nous rapporte de l’expérience qu’on répartit ensuite entre les différentes données du personnage telles que l’attaque, la défense ou la santé. D’ailleurs, on nous demande notre date de naissance avant de commencer le jeu, ce qui va déterminer nos caractéristiques de départ. Enfin, Seiya peut revêtir ou enlever à souhait son armure, et même se téléporter d’un endroit à un autre, le tout à l’aide d’un menu qui s’affiche en pressant la touche Select.
Tout cela a l’air bien sympathique sur le papier. Pour ma part, je trouve que le choix d’avoir conçu le jeu sous des aspects d’action-RPG est loin d’être idiot et colle plutôt bien au manga. La série animée elle-même adopte un style de combat ressemblant fortement au tour par tour. Par ailleurs, les avatars des personnages lors des séquences de baston sont plutôt bien représentés. En ce qui concerne les graphismes, il est clair que la NES est loin de cracher ses tripes. La qualité des décors est assez inégale: tantôt correcte, tantôt fade et manquant cruellement de détails.
Mais ATTENTION, c'est du «made in Bandaï»...
La tentative d’avoir incorporé le combat par équipe est vaineC’est comme si à FF, vos seules actions possibles étaient «attaquer» et «défendre». Même la tentative d’avoir incorporé le combat par équipe est vaine. En effet, lorsque vous aurez passé l’étape du Colisée, Ikki, Shun, Hyoga et Shiryu se joindront à Seiya et seront alors sélectionnables, mais uniquement durant les affrontements. Cependant, ils sont d’une part beaucoup moins forts que le héros principal et d’autre part, ils se servent de sa barre de vie et de son cosmos… Conséquence: ces quatre mousquetaires sont complètement dérisoires! Pourtant dans l’animé, Seiya est très loin d’être capable de vaincre tout le monde à lui tout seul…
Sinon à part les combats, il n’y a pas grand-chose à dire ou à faire dans la Légende d'or. Entre deux affrontements, il nous est parfois demandé d’aller parler à une personne importante du scénario qui va au mieux nous dire deux phrases! Et juste après, on retourne se battre! L’exploration, il n’y en a pas. Il doit y avoir à tout casser cinq maisons à visiter dans le jeu. Les phases de plate-forme sont ultra-courtes et n’exploitent pas du tout les possibilités du héros. D’ailleurs, la durée de vie du jeu est très médiocre. Deux heures suffiront à boucler le titre! C’est un jeu fait à la «va-vite», du Bandaï quoi!
Qui a prononcé le mot «Gestion»?
«Moi Seiya, et toi comment appeler?»
Et oui Saint Seiya Ougon Densetsu y laissera des plumes par son passage en version PAL. En particulier, la traduction est de bien mauvaise qualité. Il suffit juste de lire le titre pour s’en donner un aperçu. Déjà, je ne comprends pas pourquoi tous les textes sont écrits en lettres majuscules alors que pourtant, les mots de passe contiennent des lettres minuscules. La ponctuation est un désastre. Certaines phrases sont très confuses et les noms des attaques frisent parfois le ridicule. De plus, de multiples abréviations sont à noter et les plus gênantes concernent les données du héros. À nous de décrypter le sens de «P.O», «P.A» et bien d’autres. Pour ma part, j’ai eu recours à la méthode empirique... Heureusement, les textes sont plutôt rares, ce qui nous évite une irritation permanente de la rétine. On ne fait qu’enchaîner combat sur combat sans se préoccuper du reste. Les musiques sont de qualité très moyenne, voir médiocre par moment. La version japonaise a au moins le mérite de proposer la musique du générique en intro! ■ Brahim pour GameTrip.net
Pourtant axé autour de deux ou trois idées intéressantes, La légende d’or est très loin de réussir son baptême sur console de salon. C’est pauvre, bourrin, maladroit et ultra répétitif. Un énième navet signé Bandaï sur un même registre que Dragon Ball: le secret du dragon mais un poil moins ridicule tout de même. À réserver aux fans absolus du manga mais des plus tolérants.