Beaucoup de variétés dans les niveaux.
Dans la famille des run and gun, ces jeux vidéo de la grande famille des shoot’em up, dans lesquels on incarne un personnage qui tire sur tout ce qui bouge et avance généralement vers la droite de l’écran, comme un jeu de plateforme, Metal Slug fait un peu office de sale gosse au milieu de Contra ou Gunstar Heroes. L’approche des créateurs du studio Nazca Corporation, couplée au travail de l’éditeur SNK, qui savait ce qu’il voulait, donne donc ce jeu incroyable qui donnera même lieu à plusieurs suites, mais nous y reviendrons.

Une superbe direction artistique.
A l’origine, chez Nazca, on voulait faire un shooter horizontal, s’inspirant graphiquement des travaux d’un certain Hayao Miyazaki (notamment Porco Rosso), avec un gameplay plus lent dans lequel le joueur contrôlait le tank et non pas un soldat et des niveaux plus courts. Après une première phase de test en interne, les critiques étant peu élogieuses, SNK modifia le cahier des charges, demandant à Nazca un jeu plus attractif pour les joueurs consoles, plus dynamique et en y incorporant des éléments de plateforme. 

Toujours plus


La classique phase d'ascension.
Le joueur incarne donc Marco Rossi (et non pas Porco Rosso) en solo, Tarma Roving s’ajoute au casting lorsqu’un deuxième joueur entre dans la partie. Tarma penche vers la chevelure rousse là ou Marco est blond. Membre de la Peregrine Falcon Strike Force, Marco part en guerre pour renverser Donal Morden, leader de la Rebel Army qui vient de faire un coup d’état. Visuellement, le jeu reprend les codes des films de guerre et des décors rappellent les campagnes et villes françaises pendant la Seconde Guerre Mondiale. En plus de devoir défourailler tout ce qui bouge, Marco libère sur son chemin ses compatriotes prisonniers, remerciant généralement leur libérateur avec un bonus d’armes, de munitions ou de vitesse.

Un jeu qui se prend moins au sérieux que ses concurrentsLe gameplay de Metal Slug est on ne peut plus simple. On fait face à des vagues d’ennemis en tout genre, armés de couteaux ou d’armes à feu, à des tanks de plus en plus gros, le tout en quasi continu avec pour principal objectif de tirer sur tout ce qui bouge pour l’annihiler. La mission se termine par un affrontement contre un boss, généralement démesuré et avec des patterns spécifiques. C’est très nerveux, intense, on martèle le bouton de tir, on saute, on se baisse et on meurt, régulièrement. Le jeu propose également quelques séquences à bord de mini-tanks (mini, comparés à ceux des ennemis), le SV-001 et le SV-002, protégeant le joueur et améliorant de manière significative l’attaque. Dans un tank en même temps, pas besoin de vous faire un dessin. Si l’on prend le temps d’observer, on surprend souvent les ennemis en train de roupiller, en pleine discussion autour d’un feu de camp, l’effet de surprise de l’arrivée du joueur en finesse les effrayant et certains ennemis décident même de fuir, pour parfois revenir à la charge. Un ton décalé qui va très bien à Metal Slug et en fait un jeu qui se prend moins au sérieux que ses concurrents.

On meurt (beaucoup) seul


Grimpe dedans, tu vas faire des ravages.
Il n’y a pas de collision avec les ennemis, toutefois les attaques au couteau sont légions, alors prudence. Notre héros peut également attaquer au couteau, beaucoup d’éléments du décors peuvent et doivent être détruits, pour déloger des ennemis ou ouvrir un passage. Metal Slug propose six missions aux décors très variés: ville, forêt, base militaire, mer. La direction artistique est tout simplement splendide, la colorimétrie impeccable, le jeu a d’ailleurs très bien vieilli à ce niveau. Les développeurs ont tellement misé sur cet aspect que les sprites d’animation étaient tellement volumineux que la ram nécessaire pour faire tourner le jeu ne suffisait pas à garantir une fluidité, ce qui occasionne de grosses phases de ralentissements, en pleine action. Metal Slug a voulu tout éclater mais en a oublié la technique. En émulation, de nos jours, ces problèmes ont disparu, mais jouez-y avec une cartouche de l’époque sur la console, vous verrez.

Malheureusement plutôt fréquent.
En plus des ralentissements dès qu’il y a trop de monde à l’écran, c’est-à-dire fréquemment, Metal Slug imposait au joueur un challenge très relevé, avec des situations parfois à la limite du tolérable. Émotionnellement, j’entends. J’ai souvenir d’un tableau, face à une porte blindée, avec des ennemis arrivant de la gauche, un autre sur la droite en hauteur qui tire à l’arme lourde et des tanks qui arrivent pour tirer partout. Je me demande même s’il n’y avait pas un avion largeur de bombes en même temps. Autant vous dire que dans ces moments-là, on finit par sauter partout en envoyant des grenades et en tirant partout. Sachant qu’un game over vous renvoie au début du niveau, difficile dans ces moments de ne pas vouloir fracasser sa manette. Metal Slug est pensé pour jouer à deux, en coopération, ce qui rend l’aventure plus drôle bien que tout aussi intense.

■ Robin Masters pour GameTrip.net