Mortels, prenez les clés d'une cité de la Rome Antique, façonnez votre monde à votre image, évitez les invasions de Gorgone et des barbares et mettez Arès dans votre poche pour devenir la nouvelle Byzance. Car comme le dit si bien Publius Cornelius Scipio (ou Bézu, je sais plus): Audaces fortuna juvat.
La carte du monde connu, en dehors ce sont des barbares.Zeus, j’en ai plusieurs souvenirs au fil de ma vie de gamer. Assez longue d’ailleurs, et plus ou moins entrecoupée de trous un peu trop aléatoires pour y trouver un réel lien, mais ce n’est pas la question. La première période de gamer, c’était ma découverte des jeux sur PC, peu après ma petite jeunesse sur consoles. On est dans la deuxième moitié des années 90, je comprends que la meilleure console c’est l’ordinateur et je m’oriente vers ce que j’affectionne encore tout particulièrement aujourd’hui, la gestion-simulation, un truc qui a l’air un peu niche mais qui me fait rêver et je sais pas trop pourquoi. Je vois passer un jeu qui me fait penser un peu à SimCity 3000, beaucoup à Pharaon et qui est édité par un studio dont je suis fan, Sierra. J’aime aussi la mythologie grecque, et pas qu’à cause d’Astérix et le Coup du menhir qui est passé sur Antenne 2 la semaine d’avant. Je suis jeune, et quand je joue à un jeu de ce genre, je fais nimp, comme dans tous les city-builder. Plus tard, on nommera ça le sandbox (bac à sable), et c’est bien pour ça qu’un enfant adore foutre les mains dedans. Cut. S’ensuivent des trous dans la raquette en termes de gaming, des retours, des re-retours, toussa.
Ah, ma faute, j'ai fait une quiche au poireau. Pas de panique.Ça nous amène à maintenant, en 2025. Ce jeu, je l’ai tellement aimé qu’en 2005 je le retrouve dans une collection de Mindscape, avec son extension officielle. Pendant 20 ans, le coffret collector en boîte reste bien placé dans ma collection physique PC dans les locaux de GameTrip. À chaque fois qu’on me parle de gestion simulation, et qu’on m’envoie du Caesar et du Anno à la tronche, je fais le mec dédaigneux. «Pfou, des classiques mais trop connus, surcotés, je parie que t’as pas joué à Zeus toi!». Ça marche souvent. Et puis je décide finalement de faire le test. Pourquoi ce préambule? Pour vous dire que j’en ai chié des queues de pelle (non, je confonds) pendant UNE JOURNÉE ENTIÈRE pour faire marcher ce jeu de mort sur mon PC de maintenant que j’ai. Impossible. J’ai dû le racheter, et il n’est même pas en VF comme l’original sur les distributeurs officiels, une honte. Alors que tout le sel du jeu venait aussi d’un doublage excellent qui mettait dans l’ambiance. Chaque PNJ qui se déplace sur la map a un petit mot, parfois amusant, quand on clique dessus, par un doubleur de l’époque. Bref, c’est avec déception que j’ai du y rejouer avec des textes et des voix en VO, me rajoutant une difficulté supplémentaire. Pas grave, ‘apapeur du risque moi. Au moins, ça m’aura permis de découvrir qu’une énorme communauté française joue encore à ce jeu de nos jours, bloquée visiblement à la reprise de volée sous la barre de Trézeguet.
Mais je manque à tous mes devoirs. Prenez un peu d’ambroisie et une paire de tongs, endossez votre toge la plus fine et la moins immaculée possible, et suivez moi dans cette orgie vidéoludique que je vais vous présenter ci-après, ci-présent, ci-tout de suite.
Nous nous reverrons… mortel
Pour faire grimper votre village, subvenez aux besoins des ménages.Fort de sa série de city-builder historique Caesar dans la Rome antique puis Pharaon en Égypte, Impressions Games débarque en 2000 avec la Grèce, ce qui avait été demandé à l’époque par les fans de ces jeux de gestion-simulation. Zeus sort donc sur PC à une époque où le genre est en plein boom, et s’inspire de tout ce que le développeur a créé pendant plus d’une décennie dans le domaine. Le titre vous met donc dans la peau d’un tout-puissant créateur qui doit gérer un monde plus ou moins vaste et surtout un système de villes et d’habitants qui doivent survivre. Pour cela, il va falloir subvenir à tous leurs besoins.
Allouez efficacement vos employés dans les différentes industries.On commence d’ailleurs par un tuto grandeur nature d’une vingtaine de tableaux qui permettent de se familiariser, de manière un peu rébarbative d’ailleurs, aux différents enjeux. Car si avec les yeux d’un mec de 15 ans, j’avais souvenir que le bouzin était aussi compliqué qu’un Capitalism II, il faut bien avouer qu’aujourd’hui, et même dans cette VO à déchiffrer, le concept est plus qu’enfantin. En fait, c’est même une transposition quasi littérale d’un SimCity à l’époque antique. Les postes de secours sont remplacés par des intendants, les zones commerciales par les agora et les cinémas par des académies de philosophes. Car oui, le jeu est diablement complet et surtout dépeint de manière assez précise et complète le monde réel de la Grèce antique et le fonctionnement de sa cité, teint évidemment d’un peu de surnaturel pour y amener la mythologie, mais on y reviendra. Pour le tuto, on passe donc par l’apprentissage de la construction des différentes zones de votre ville en parcourant le tiers droit de votre écran composé de différents onglets thématiques. On peut donc défiler dans l’administration pour créer des bureaux de taxe ou une milice urbaine, l’hygiène, la culture (pour ses athlètes et ses philosophes), la production (pour les pêcheurs, vendeurs et autres producteurs d’huile d’olive) ou encore une partie décoration pour embellir votre ville de jardins, parcs et bancs.
Simos Citeis
L'huile d'olive ou le pinard, les ressources phares du monde grec.Votre communauté s’agrandira dès que votre ville pourra répondre à plusieurs besoins primaires : manger, se soigner, se détendre… Pour cela, placez une trentaine de bâtiments différents près de vos routes et ouvrez des sortes de calques (encore une fois, un pan très inspiré des SimCity-like) afin de voir l’impact de vos choix sur la cité. Placer une fontaine donne accès à l’eau potable à vos habitants, une colonne dorique plus ou moins haute s’affichera alors représentant le «pourcentage» d’accès des différentes cabanes. Si la peste touche la cité, un nuage vert émane d’un quartier et se répand dans les rues. Pas de panique: placez des médecins qui viendront prodiguer des soins et réduire les problèmes. Vous pouvez en faire de même avec les intendants qui veillent à faire baisser la criminalité par exemple. Le volet le plus important reste la production puisque votre ville, pour croître, doit aussi bien manger. A vous de placer des pêcheurs le long de l’eau, des bergers dans les champs, ou encore des champs d’oliviers et plants de vigne près des pressoirs pour produire des amphores ou de la viande que vous revendrez ainsi dans des échoppes disposées dans les agoras au centre de votre village. À chaque étape, les maisons prennent un niveau passant de petites cabanes aux riches palais. Et plus votre ville grandit, plus vous attirez des commerçants, des producteurs et des habitants qui auront d’autres besoins à combler. Vous pouvez à tout moment choisir de faire un raid sur un de vos copains
Des catastrophes naturelles ou surnaturelles peuvent s'abattre sur votre ville.Plus le tuto avance, et plus votre ville avance dans une partie sandbox, plus vous allez devoir vous développer en dehors de vos terres, et à l’intérieur des murs de la cité (dommage qu’on ne puisse pas construire des remparts d’ailleurs). Avec les carrières, vous allez pouvoir construire des palais en marbre, équivalent au siège du gouvernement de la cité, ce qui vous permettra de gérer un aspect économique, notamment le joug des taxes sur vos habitants, qui seront ravis de payer s’ils viennent dans l’opulence. Le palais est aussi la façon de débloquer les milices urbaines, composées de riches habitants qui oseront prendre les armes pour défendre la ville. Car de temps en temps, vous aurez aussi de la diplomatie à prendre en compte. En effet, en cliquant sur une carte du monde, vous ouvrez la map d’une taille équivalente au Péloponnèse, avec le nom des villes aux alentours qui, selon les cas, seront vos alliés ou vos ennemis. Certaines voudront vous envahir, enverront donc une armée pour attaquer les villageois. D’autres accepteront bien volontiers de vous filer des vivres ou de vous en acheter d’autres, tant que vous avez des ports de commerce ou des comptoirs sur vos grandes routes. Bien évidemment, vous pouvez à tout moment choisir de faire un raid sur un de vos copains, ou lui envoyer un peu de Drachmes pour éviter de se faire rouler dessus.
Un jeu qui laisse une bonne Impressions
Un peu d'import/export avec les ports et comptoirs commerciaux.T’as capté la blague. C’est Impressions Games, le développeur. Bref. Zeus n’est pas que complet, il est aussi diablement addictif et plutôt bien foutu esthétiquement. Un jeu qui compte un peu plus de couleurs que les précédents du développeur, avec des artworks cartoonesques notamment pour représenter les Dieux que vous pourrez appeler en construisant des temples à leur effigie pour espérer un petit coup de pouce en cas de coup dur. Le titre, qui tourne en 800 ou 1024 pixels, est toutefois un peu trop réduit et ramassé au regard de la masse d’informations qui se trouve sur l’écran. Mais la vue isométrique, sur des tuiles carrées comme on pourrait l’avoir (en octogone) dans un 4X, regorge de détails, d’autant qu’on peut tourner autour avec un bouton de vue sur les 4 points cardinaux. Petit bémol sur la lenteur du jeu de base. Je n’arrive plus à savoir si l’option existait déjà dans le jeu original mais on peut (et on doit) accélérer la vitesse dans le menu pour ne pas s’endormir devant les actions des personnages.
Si la VF est marrante, ça tousse, ça renifle, ça éternue absolument TOUT LE TEMPS dans la cité
ATTENTION CHÉRIE CA VA TRANCHER.Là où le jeu est assez cool, c’est sur la partie bruitages et voix. Comme je le disais plus haut, il a été intégralement traduit en français et le jeu fourmille de réactions de personnages qui parlent de tout et de rien dès qu’ils marchent dans la rue ou dès qu’on clique dessus. Alors oui, c’est drôle, mais reste un détail: après avoir entendu 500 fois dans la partie la même réplique d’un hoplite qui passe devant votre écran, on peut péter un plomb. D’autant que les bruitages sont plus que récurrents dans le jeu. Ils sont partout. Tout le temps. Des bruits de construction, des oiseaux, des gens qui parlent. Tout le temps. T’entends? TOUT LE TEMPS. Si la VF est marrante, ça tousse, ça renifle, ça éternue absolument TOUT LE TEMPS dans la cité, prouvant qu’elle regorge de vie, certes, mais foutant un bordel pas possible à l’écran. On rajoute à ça des musiques tout à fait dans l’ambiance, qui ne sont pas nombreuses et un peu redondantes mais qui s’intègrent assez bien au jeu pour qu’on les oublie facilement sans avoir la sensation de vide. Quelques thèmes d’action se lancent aussi lorsque des événements spéciaux apparaissent, là encore, faisant penser à des jeux de simulation de ville bien connus.
Ces gros nuls tentent de nous attaquer en jetant des gadins.Au total, Zeus impressionnait à l’époque, et impressionne toujours autant quand on y rejoue. Sans être le plus grand et surtout le plus mythique des god-game ou city-builders de son époque, il a laissé une trace assez profonde dans le genre. Entre le sandbox et le mode histoire, l’implémentation des catastrophes (séismes, incendies, peste, émission de Pascal Praud en prime time, apparition de monstres mythologiques), la construction des temples pour appeler des dieux de la Grèce, le commerce entre les pays et le système de combat (qui intègre une notion de «couardise» de son unité, qui pourra rentrer à la maison plutôt que de préférer se faire botter le train par des barbares), c’est une foultitude de bonnes idées adaptées au thème du jeu. En plus, les 45 missions de base sont souvent mises en parallèle avec l’extension Poséidon, le maître de l’Atlantide qui rajoute une autre couche, mais ça... c’est une autre histoire.
■ Jivé pour GameTrip.net
L'avis de Jivé
Zeus, le Maître de l'Olympe n'est pas le dernier de la longue décennie de city-builder thématisés antiques d'Impressions Games pour rien. On a presque l'impression que le développeur est arrivé au bout de ses idées, avec une gestion des commerces, de la diplomatie, de la ville et de l'armée assez poussée, tout en apportant une VF marrante et une esthétique très bien foutue qui nous fait voyager dans cette période de l'histoire, entre interventions divines, catastrophes surnaturelles et routes commerciales. C'est beau sans être époustouflant, c'est bien pensé, c'est long voire un peu passionnant même si on regrette une certaine lenteur, une interface un peu fouillie et des effets sonores rébarbatifs.
Sur chaque test, l'auteur se met en tailleur pour se poser une ultime question: «avec le recul, aujourd'hui, quel jeu m'a procuré autant de sensation que cet oldie?»
L'évidence nous ferait aller sur tout city-builder, qui plus est thématisé dans une période en particulier. Et pour cela, le développeur Impressions Games est bien le spécialiste, mais cet opus est pour ainsi dire le dernier de la saga. Juste après Zeus, on retrouve donc son expansion Poséidon, qui complète parfaitement son acolyte. On ne peut que vous recommander plus tard la série des Civilization ou les Caesar sortis ensuite par un autre développeur. Cependant, aucun n'a tenté, ou réussi, à faire un vrai bon jeu dans la Grèce Antique, sauf peut-être Manor Lords qui s'en approche.
Article complet : vous êtes sur une page de test qui parle de Le Maître de l'Olympe : Zeus (PC), découvrez ici notre avis expert et nostalgique de fans du rétrogaming et des jeux vidéo oldies.
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