«Après nous avoir fait attendre deux semaines, à cause d'un retard que même Activision lui-même ne savait pas, X-Men Legends est finalement sorti en Europe, et a fait le bonheur des fans. Mais les points noirs des vidéos ont-ils été évincés dans le jeu final? Et surtout, XML se démarque-t-il des RPG habituels? Je vous préviens, je vais laisser le fait que je suis fan sur le côté alors le test ne sera pas tout rose!» Je vous remets ainsi l'introduction du test original, publié en 2004 pour sa sortie. Car oui, avant, on faisait des tests dans la presse spécialisée pour le maintenant du présent. Aujourd'hui on les republie pour le passé d'avant sur un site de retrogaming. Les temps changent. Vieux cons toussa. Mais le feeling de ce que j'écrivais il y a 22 ans reste le même.

D'acier, Logan


Comme tous les jeux vidéo, normalement il y a une trame principale... Pour X-Men Legends, on ne peut pas faire plus simple: vous êtes un X-Men et vous devez faire face à la Confrérie des Mauvais Mutants de Magneto. Vous commencez donc dans la peau de Wolverine seul dans les rues proches de Central Park et vous devez retrouver Alison, une fille enlevée par Pyro, Mystique et le Colosse (Blob). Grâce à vos super pouvoirs, vous réussissez à la ramener au manoir de Salem Center, pour qu'elle rencontre Charles Xavier et la bande de X-Men. Un premier niveau qui permet globalement de prendre en main des commandes assez basiques: deux boutons d'attaque, un de chope, un de saut, et les boutons de tranches qui serviront à reprendre de la vie, de l'énergie, ou lancer des attaques spéciales issues d'une roue de 4.

Au fur et à mesure de la progression, l'équipe s'étoffera et vous aurez de plus en plus de mutants à choisir parmi les 4 envoyés en missions, qui pourront être switchés en combat sur une simple pression de la croix. Vous pourrez revivre des aventures des X-Men de la première et seconde générationQuant à Alison, elle restera la moitié du jeu au manoir pour découvrir les différentes pièces et les X-Men. En fait, entre chaque mission de X-Men, un passage au manoir avec votre protégée (qui deviendra plus tard Magma et entrera finalement dans l'équipe X-Men sur le terrain) vous permettra de parler avec les mutants sur les prochaines mission, sur le déroulement du jeu, ou sur diverses infos finalement très peu importantes. Mais quel bonheur de retrouver l'institut de Xavier comme dans le comic!

Un peu partout dans le manoir, vous avez également des endroits spéciaux qui permettent de voir les bonus que vous avez trouvé dans les missions. En effet, lors de vos phases de jeu, des bonus pour les fans sont dispersés: carnet de croquis (que vous pouvez voir au manoir dans la chambre de Colossus), couvertures de comics mais aussi écrans de chargements du jeu, bio des mutants et même un quizz disponible sur la télé du premier étage. Autant dire que le fan sera ravi de découvrir ou re-découvrir moultes images des X-Men. Mais au fil du jeu, des missions s'imposeront même dans le manoir: les Flashbacks. En effet, au cours du jeu, vous pourrez revivre des aventures des X-Men de la première et seconde génération comme l'attaque du Fléau qui voulu tuer son demi-frère (Charles Xavier), ou bien l'attaque des Sentinelles que vous devez repousser dans la peau de la première grande équipe des comics (avec les costumes de l'époque)... mais aussi une mission dans la peau de Logan en caleçon lors du projet Weapon X, bref des moments un peu plus nostalgiques qui font très plaisir.

Jeu de mains jeu de... euh, ben de rôle


Dans les missions à proprement parler qui sont au nombre de huit (je crois) on voit le vrai visage du jeu: un jeu de rôle stratégique à 20% et méga bourrin à 80%. Au début du jeu, parmi les mutants débloqués, vous devez en prendre quatre dans votre équipe. Chacun vous sera d'une aide particulière. Par exemple, Cyclope avec un rayon optique upgradé peut ressouder des parois, Iceberg avec son tir de glace peut faire un pont entre deux niveaux, et les mutants capables de voler ou de se téléporter (Jean Grey, Tornade, Diablo...) peuvent atteindre des zones inaccessibles pour les persos plus «terrestres». Dans chaque niveau (qui durent assez longtemps, surtout au début, lorsque vous êtes lvl 2 ou 3), des points d'X-traction sont disposés sur la map faisant office de checkpoints permettant de sauvegarder, charger, faire un tour dans la salle des dangers (aussi accessible au manoir) pour vous entrainer au combat et gagner un peu d'XP facilement, mais aussi acheter des objets chez Forge ou des potions chez le guérisseur morlock. Ce point permet également de changer les membres de sa team pour établir des stratégies et combiner aux mieux vos héros. Ca, c'est le côté stratégique. Même si, comme dit le tuto, il y a toujours plusieurs façons de franchir un obstacle. Car oui, si vous avez oublié de mettre un personnage qui vole pour atteindre un point, il y aura toujours une autre solution. Les énigmes, elles, sont enfantines afin de ne jamais entraver une progression aussi linéaire et simpliste qu'un scénario de Rob Liefeld (blague d'initié).

Bon, pour le côté bourrin et RPG maintenant: dans les missions vous gagnez des XP (en détruisant à peu près tout à l'écran, un peu comme les jeux LEGO) à répartir au fur et a mesure dans les compétences de vos personnages. En plus des compétences, vous devez répartir des points de pouvoirs dans un arbre de techniques qui permet d'avoir au maximum 3 pouvoirs par mutant plus le pouvoir spécial qui tue tous les adversaires dans le champ de vision (une féroce attaque qui va d'ennemi en ennemi chez Wolverine, un carnage optique chez Cyclope ou bien encore l'élévation d'un volcan chez Magma). En upgradant vos compétences, vos pouvoirs vous donneront plus de force, de santé, de capacité mutante ou de défense via 4 barres de progression. Tout ceci au milieu de combats féroces entre les mutants et les méchants, qui seront plus ou moins coriaces, et demanderont souvent une réelle stratégie à développer pour réussir à en venir a bout. Rappelons tout de même que malgré son PEGI-12, le jeu n'a pas spécialement une difficulté démesurée puisqu'on trouve sur la map des fioles rouges et bleues (heal et stamina) qui remplissent vos réserves éponymes assez rapidement, tellement que vous aurez très souvent à les laisser traîner partout autour de vous car vos 10 slots seront remplis en permanence si vous jouez assez stratège.

HULK TOUT PÉTER (comment ça il est pas dans le jeu?)


Très simple d'accès, la jouabilité utilise pleinement la manette. Deux boutons pour taper, et enclencher des combinaisons de coups (rond rond rond croix croix par exemple sur PS2), un bouton pour projeter, un bouton pour sauter (étonnamment et peu intuitivement mis sur triangle sur la même console), un bouton pour appeler ses coéquipiers sur votre cible (et ainsi permettre des combos de techniques), un bouton pour activer les pouvoirs (appuyez sur ce bouton, et un bouton du pad pour sélectionner un des 4 pouvoirs), et les joystick pour se déplacer et tourner la caméra (qui n'est pas automatique, mais c'est beaucoup mieux ainsi, car elle se retrouve de temps en temps dans en bord d'écran et son placement est relatif). Enfin deux boutons vous permettent d'utiliser une recharge d'énergie ou une recharge de santé, car le pouvoir demande de l'énergie. On a rien sans rien hein? Aucune innovation sur l'utilisation des attaques spéciales qui doivent se charger par une barre à l'écran avant d'être lancée. Et ce super pouvoir, c'est simple, c'est efficace, et face à 20 soldats du HAARP, Cyke a peu de chance de s'en sortir sans ça.

Les amateurs apprécieront, les fans adoreront


On peut facilement voir le public ciblé par Activision: les fans, les fans, et encore les fans. Si le jeu peut paraitre totalement banal (et c'est un fait) pour les joueurs, les fans adoreront le côté très fidèle (enfin!) de cette adaptation. Les cadeaux bonus dans les niveaux vous montrant un peu les esquisses du jeu ou les bio des persos s'associeront à la fidélité des personnages et de certains décors rappelant bien le comic. On retrouve également ceux qui ont fait la gloire de X-Men: l'équipe, le Cérébro, la confrérie, les Sentinelles, les Morlock, les anciennes équipes, mais surtout des noms pas forcément très connus et qui témoignent d'une petite envie de profondeur (ou de fan service). Au total vous retrouverez une vingtaine de mutants sortis de l'univers X, dont la liste des X-Men jouables: Wolverine, Malicia, Diablo, Cyclope, Jean Grey, Colossus, Psylocke, le professeur X, Jubilée, le Fauve, Emma Frost, Gambit, Magma, Iceberg, Tornade. Et Angel il est où? Logan devient LE perso le plus pété du jeu Toujours oublié celui-là. Autant vous dire que vous avez le choix pour votre équipe, et les dégâts seront plus ou moins dévastateurs. Un Wolverine niveau 15 avec ses 4 pouvoirs activés ne perdra presque jamais de vie et déchirera beaucoup de gardes, mais sans l'aide des coups de vent de tornade ou du rayon de Cyclope, il mettra du temps à finir le niveau. Et si Iceberg n'est pas là pour lui faire des ponts de glace au-dessus des liquides radioactifs, il n'ira pas loin! On peut d'ailleurs regretter une légère problématique de balancing desdits persos, puisqu'en stuffant à balle son Logan, il devient LE perso le plus pété du jeu et on ne finira que par jouer avec lui, comme d'autres du même acabit.

Au final, l'IA étant assez bourrine, on pourra même se permettre de temps en temps de rester en retrait et de voir ses collègues foncer tête baissée sur les ennemis pour s'en défaire, en attendant chaudement dans un coin que les ennemis vous oublient. Le jeu devient alors une sorte d'XP-Farming où le joueur va détruire tous les éléments du décor à la recherche de points d'expérience bienvenus et de fioles, mais aussi d'équipements (eux sont droppés par les ennemis en général) à installer ensuite sur les trois slots disponibles pour chaque personnage et qui permettent, selon un niveau de rareté, de gagner de la précision, de la force, ou des pourcentages de critiques par exemple.

But What I Do Best Isn't Very Nice


Allons-y pour les défauts maintenant, et je peux vous dire que ce n'est pas le meilleur des jeux de sa catégorie! Pour commencer le scénario. Justement, c'est quoi au juste? On apprend vite que Magneto recrée des Sentinelles pour attaquer les humains. Voilà c'est super, mais on y pense jamais dans l'histoire. L'action écarte vite le fait qu'on a un but au bout de la mission et le scénario est tellement pauvre qu'on se dit «tant pis, ce jeu c'est juste pour péter la tronche à ces salopards de gardes». En bref ce A-RPG capitalise beaucoup sur son A, un peu sur son RPG, mais ne vous demandera autant de QI que d'euros a débourser pour avoir le jeu. On avance, on level-up (et on a grand plaisir à voir l'animation qui nous intime d'aller vite vite dépenser nos points ou changer le roster dans le menu) et puis on recommence. Mais attention, ça n'est reste pas moins fun, au contraire. C'est juste que le jeu lui-même semble avoir des problèmes de mémoire, lui qui annonce dès les premières minutes du tuto qu'il faudra redoubler d'intelligence pour répondre à des énigmes de passement de niveaux (détruire une borne d'incendie pour arroser un feu qui barre le chemin par exemple) et qui ne sollicitera finalement que très peu notre capacité d'enquêteur.

On en vient aux phases d'actions (surtout plus loin dans le jeu) qui sont aussi assez simplistes et se limiteront à 4-5 gardes se jetant sur vos 4 X-Men que vous appelez en renfort et qui balancent leurs 4 pouvoirs en même temps. Et là, c'est un vrai BORDEL à l'écran avec une scène remplie d'éclairs, de flashs, de coups de griffes et de glace. Même si globalement ça n'entrave pas le déroulement, il faut avouer qu'on peut avoir du mal à se repérer et prendre le jeu pour ce qu'il est à ce moment: un hack'n'slash type Diablo, et je ne parle pas du petit démon bleu.

Je pourrais aussi parler du niveau graphique du jeu, mais je ne vais pas trop le casser étant donné que le cel-shading proposé retranscrit bien l'univers Marvel des X-Men et le côté comics. Cependant il est lui aussi méga simpliste et n'exploite pas vraiment la capacité de la machine. Pas de mouvements de mains (elles ne sont même pas dessinées) ni du visage (les persos parlent par télépathie apparemment). La caméra étant assez lointaine, il sera compliqué d'en voir les détails. Quant aux cinématiques, c'est assez faiblard. Mention spéciale par contre pour l'univers sonore. Les voix sauront parfaitement retranscrire l'ambiance Ultimate voire Uncanny que le jeu propose, avec en prime la voix de Patrick Stewart pour Charles Xavier. On a plaisir à entendre les dialogues (rares) entre les mutants, mais aussi des petites phrases qu'on les appellent ou qu'on switch de héros (façon STR). Certaines catchphrases typiques sont bien présentes comme Wolverine et son «I'm The Best There Is At What I Do But What I Do Best Isn't Very Nice» (merci Chris CLaremont). Quant à la musique, il me semble que l'on ne l'entend que lorsque les méchants attaquent, vous prévenant donc du danger. J'étais tellement absorbé par la magnifique fidélité de la téléportation de Diablo, d'un autre côté... ■ Jivé pour GameTrip.net