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Dossier / les années phares

Back to 1989

Back to 1989

Pleine année de transition, de l’adieu aux années d’insouciance pour se préparer au années 90 qui font peur, l’année 1989 n’est pas une laissée pour compte dans le paysage vidéoludique. Quelques événements majeurs ont marqué ces douze mois. On rembobine.

Torché par Robin Masters, 01 Juil. 2017
Que faisiez-vous en 1989? Vous étiez à l’école primaire? En pleine adolescence? Encore dans des couches ou bien dans les castagnettes de Papa? Cette année-là, l’eurodance venait d’ouvrir ses ailes, dans les cinés sortaient Batman et Retour vers le futur 2, et le public aimait ça. C’est là qu’on a dit adieu à Sergio Leone, à la caméra d’or. Le Prix Nobel de la paix a été attribué au Dalaï-lama, qui pour le coup n’a pas craché dans la soupe. Les enfants jouaient aux G.I. Joe, aux Tortues Ninja, à Qui est-ce ou au TrickyBille. Côté jeu vidéo, chez nous la NES cartonnait bien loin devant la Master System et l’Atari 7800 avait déjà quelques années derrière elle. Il était temps d’apporter un souffle nouveau, à l’aube des 90’s.

Pour rappel, en 1988 est sortie la Megadrive au Japon, et comme il n’y avait pas de lancement mondial à cette époque, il a fallu attendre le mois d’août 1989 pour voir arriver la console, qui prendra le nom de Genesis aux Etats-Unis. Le lancement se veut ambitieux, les jeux accompagnant la console devant confirmer son slogan: «Genesis does what Nintendon’t». La rivalité s’assume et atteindra son summum lors de la sortie de la Super Nintendo et son armada de jeux excellents. A l’époque, il fallait presque choisir son camp, c’était Sega ou Nintendo. Avec le recul, cela paraît un poil ridicule car les deux consoles ont de magnifiques jeux mais il semble que rien n’ait vraiment changé car aujourd’hui encore il faut choisir entre la dernière Xbox ou la Playstation, alors que le choix est simple: le PC.

Vous jouez où avec le vôtre?

Toutefois, on ne peut pas retenir uniquement la console de Phil Collins en 1989. Celle dont il faut se souvenir est grise, plus petite et reconnaissable parmi toutes à son bruit lorsqu’on la démarre: la Game Boy. Ou plutôt le Game Boy. Bien que cette question sur le genre masculin ou féminin de la portable ait été abordé, débattu et achevé, notamment par Nintendo, on continue de la féminiser. Triste pour une console avec le mot «Boy» dedans. Le Game Boy reste à ce jour un coup de maître de Nintendo qui en a vendu près de 120 millions dans le monde. Il faut dire que la recette était ultra efficace: une console portable avec un catalogue de jeux énorme et accessible aux grands comme aux petits. Entre Super Mario Land, The Legend of Zelda: Link’s Awakening, Kirby’s Dream Land ou encore Tetris, il y avait de quoi passer des heures. Et alors qu’on pensait le Game Boy en bout de souffle, Pokémon arriva et donna de la suite dans les idées de Nintendo. Une console qui marche aussi bien mais qui commence à mal vieillir, il suffit de la relooker un peu. Ainsi, le Game Boy est devenu Color, Pocket ou même Advance. L’arrêt de sa production en 2003 laissa la place à la Nintendo DS, la portable la plus vendue au monde par Nintendo, avec 154 millions d’exemplaires écoulés.

Moins remarquables et moins remarquées, d’autres consoles ont tenté de faire parler d’elle en 1989. La PC-Engine, sortie en 1987 au Japon, débarque aux Etats-Unis sous le nom de TurboGrafx-16. Malgré une existence plus confidentielle, il s’en sera vendu environ 10 millions, ce qui reste 10 fois plus que la Neo-Geo. Dernière console à faire parler d’elle, la mythique Lynx, imaginée et fabriquée par le géant Atari. Avec un design très austère mais un écran couleur LCD, seules 3 millions de Lynx se seront écoulées, avant que le massacre soit arrêté par Hasbro Interactive après avoir avalé Atari. Pour finir, le meilleur accessoire de 1989, digne de Retour vers le Futur, l’excellent Power Glove, créé par Mattel pour la NES. Vendu 100$, il permettait de faire sauter dans Super Mario Bros ou Metroid en levant rapidement le bras ou bien de conduire dans Rad Racer en mimant les mouvements du volant, sans oublier le tir dans Contra en pointant du doigt. Le gant fut toutefois un échec commercial, à cause de problèmes liés à son utilisation, souvent capricieuse et contraignant le joueur à utiliser la manette fixée à son poignet. Un accessoire devenu mythique par son côté kitsch et témoignant de la vision du futur à cette époque, pourtant pas si lointaine.

Parmi les autres faits de 1989, Hasbro rachète Coleco Industries, Trinity Acquisition Corporation est fondé avant de devenir THQ en 1990 et de mettre la clé sous la porte en 2012. Nordic Games rachètera le nom THQ en 2014 et l’utilise depuis. Nintendo a également poursuit en justice Tengen pour une histoire de copyrights sur Tetris. Tengen perd et doit renommer tous ses jeux Tetris. Tengen perd également un deuxième combat, l’éditeur ayant publié des jeux NES sans licence.

Un bon cru

Côté jeux, l’année nous a offert de très belles choses. On a notamment pu passer de bons moments devant Tortues Ninja sur NES ou alors sur Golden Axe et Phantasy Star 2, même si on retiendra surtout quatre autres jeux bien plus marquants. Le premier d’entre eux, Prince of Persia, est arrivé sur Apple II après un développement de quatre ans. Son aventure épique, contre le temps, mélangeant combats, plate-forme et logique rencontra un succès mérité. Accompagnant le lancement du Game Boy, Super Mario Land reste à ce jour l’une des références de plates-formes. Difficile, à terminer d’une seule traite, SML squatte sans aucun doute le podium des meilleurs jeux de la portable, accompagné de Tetris, Kirby ou Pokemon, selon la qualité de vos goûts. Autre jeu mémorable sorti sur NES cette année-là, Duck Tales. Vous le connaissez tous mais on va faire un petit rappel tout de même: il met en scène Picsou qui part en quête de trésors dans différents niveaux où il affrontera les Rapetou, Miss Tick ou encore Gripsou. Il reprend les types de décors classiques de l’époque: l’Amazonie, la Transylvanie, L’Himalaya ou encore la Lune.

Il nous reste encore deux jeux importants sortis en 1989. Ils ont permis à deux personnalités de sortir du bois, deux créateurs qui ont marqué le jeu vidéo par des projets ambitieux, parfois même trop. L’un est créateur de SimCity, l’autre de Populous, on parle bien entendu de Will Wright et de Peter Molyneux. SimCity est le premier de la franchise «Sim», sorti sur tous les bons micro-ordinateurs de l’époque. Jouer au maire et gérer bien ou mal sa bourgade, quelle impression de puissance! Un million de copies vendu en 3 ans, un énorme succès. Le jeu a également remporté un gros nombre de récompenses, tout ceci permis à Will Wright et sa société Maxis de nourrir d’ambitieux projets comme Les Sims, la poursuite de la saga SimCity ou encore Spore. Une contribution notable au Jeu Vidéo (oui, avec un grand JV), poussant la concurrence à rivaliser et Will à se renouveler.

Peter Molyneux, lui, fonde Bullfrog avec Les Edgar et développe un premier jeu, Druid II, qui passera inaperçu avant de sortir Populous, premier God Game dont il eut l’idée en jouant aux Lego. En jouant au dieu, il fallait à la fois être craint et vénéré pour réussir. Le premier jeu du genre qui en appela d’autres, tel Black & White, la suite de Populous ou encore plus récemment Godus.

En brayff

Quelle belle année, non? On a certes eu la Lambada et Je te survivrai, mais on retiendra le Game Boy, Prince of Persia ou encore Populous et Duck Tales, que de bien belles choses. La Megadrive est là, la Super Nintendo n’existe pas encore et les idées nouvelles se succèdent. De bon augure pour 1990. Mal écrit par Robin Masters, 01 Juil. 2017